25/08/2014

L'arbre, la biche et son faon

Durant de nombreuses décennies le frêne, sur le tronc couché du quel je suis assis, a beaucoup dialogué avec la rivière toute proche; la tenant au courant des informations rapportées à chaque feuille par le vent. Elles, en ont frémit intensément plus d’une fois et les nouvelles d’automne si terribles qu’elles en tombaient à tel point qu’en hiver le vent devait se faire glacial pour livrer les nouvelles au cœur des ramilles. Il avait plaisir à retracer les parties de cache-cache des écureuils, faisant malicieusement le tour du tronc, sautant de branche en branche et passant d’un arbre à l’autre, pour atteindre des rameaux inférieurs à l’aide de délicats vols planés. Le soir venant le vénérable avait plaisir à relater avec force détails la partition jouée par les oiseaux car notre arbre, comme ses congénères, est très mélomane; il lui arrivait souvent de se mêler à l’orchestre accompagnant le rythme de l’eau.

La rivière a aussi des histoires à raconter, mais elle aime, avant tout, écouter les événements et anecdotes qui lui sont relatés par le benthos et les hôtes qui bordent son cours. Elle travaille sans cesse à aménager des caches, à occuper des espaces nouveaux, tout en en laissant d’autres pour assurer la genèse indispensable à ses locataires. En remuant les pierres elle prépare les lieux d’accueil des générations à venir.

Les années ont passé et l’arbre, fatigué, a demandé à la rivière si elle pouvait lui faire connaître encore un peu de pays. La Versoix lui a dit : allonge-toi auprès de moi et à la première crue je t’emmènerai vers l’aval et te déposerai où tu le souhaites. Ayant trouvé un endroit qui semble lui convenir, notre frêne se repose à la sortie d’une courbe et accueille tous ceux qui veulent faire une petite pause. Je viens souvent m’asseoir avec lui pour observer les insectes qui émergent. Toute une faune affectionne ce lieu, le castor aussi en fait partie.

C’est assis sur le fût de ce noble membre de la famille des Oleaceaes que je compte éphémères et trichoptères en train de quitter les profondeurs d’un milieu pour le moins humide afin de faire connaissance avec les airs en entrant dans une brève nouvelle vie. C’est alors que le fayard m’invite à regarder l’autre rive. Je lève les yeux et vois un daguet. Nos regard se croisent. Pour arrêter le temps pendant un instant et pouvoir contempler le cervidé, je caresse ma chienne et lui chuchote de rester tranquille. Avertissement probablement inutile car elle devait avoir le même désir de contempler l’animal.

Ma rencontre estivale avec le cervidé me reporte une quinzaine de semaines plus tôt. Période du premier avril au quinze juillet où promener son chien sans laisse n’est toléré que dans quelques espaces afin d’assurer des conditions acceptables à la faune sauvage pendant la période de reproduction. C’est lors d’une promenade matinale, qu’au sortir du bois, je vois à une quarantaine de mètres, une biche. Elle marchait à reculons guidant son petit. Le faon poussé par la curiosité de découvrir ce monde qui s’étend devant lui, se déplace avec difficulté. Ses pattes ont du mal à le porter. Elles donnent l’impression de se briser à chaque instant. La mère veille et elle m’a repéré. Elle dirige son petit en direction du bois, mais l’attrait de l’herbe fraîche incite le nouveau-né à avancer vers le gagnage. La biche se dirige vers le bois et d’un bond souple disparait dans le taillis. Le faon s’allonge dans le fossé. Sa mère le rejoint et tous deux rentrent dans la forêt. Avec ma chienne nous attendons que les cervidés soient à l’abri avant de reprendre le chemin. Par précaution je mets Lina en laisse et nous poursuivons notre chemin. Lorsque, à moins de douze mètres, je vois le cul-blanc en compagnie de sa progéniture. La biche fait un bond dans le bois, le faon se remet à plat ventre sur le bas-côté du chemin sous le regard anxieux de sa mère. Avec Lina nous poursuivons notre chemin, la laisse reste sans tension alors que le petit est à moins de deux mètres. La mère est dans le bois seul un petit mouvement trahit sa présence. J’évite tout croisement de regard avec les cervidés. La laisse de Lina reste sans tension. Après quelques minutes de marche je me retourne et vois le couple mère bébé traversant tranquillement le sentier.

 

Demain je raconterai mon aventure au frêne.

10/04/2012

Les noces de l'Ombre

Il n'y a pas que les truites! Voici plusieurs années que les ombres sont fortement protégés par secteurs dans l'Allondon et la Versoix. Sa capture y est interdite et depuis cette année, cette interdiction s'est étendue à l'ensemble de l'Allondon.
Depuis deux-mille-dix le nombre de thymalidés est en croissance et je peux observer toujours plus d'emplacements avec des juvéniles ce qui est réjouissant.
Cette année, me voilà bien décidé à apprendre à voir les frayères d'ombres. Je remonte lentement la rivière en portant mon attention dans la zone proche de ma rive, ce qui m'offre la meilleure vision. Souvent, il m'arrive d'attendre que la surface liquide m'ouvre une fenêtre sur le fond. Oui, des espaces plus clairs m'apparaissent, mais sont-ce des emplacements de reproduction ?
J'ai la chance de voir un ombre. C'est un mâle bien reconnaissable à sa grande nageoire dorsale colorée. Il est sur une surface de gravier fraîchement retourné. La fosse est peu profonde, le dôme se devine à peine.

Ma montée se poursuit, je suis plus attentif aux petites taches qui se laissent voir et je situe ces frayères spatialement. En remontant le cours d’eau, je ne revois plus d'îlots au gravier nettoyé. Cette partie de rivière ne regroupe pas les conditions indispensables à la reproduction: la vitesse de l'eau est trop rapide, le substrat ne convient pas ou la profondeur d’eau est trop importante. Après quelques hectomètres je revois ces petits espaces caractéristiques de pierres débarrassées de leur coloration brune. Je ne tarde pas à voir les porteurs de drapeau, sobriquet attribué à ce membre de la famille des salmonidés dont le mâle en particulier a une grande nageoire dorsale. Tous les quinze à vingt pas la chance me sourit. C'est un vrai bonheur de voir Thymalus tymalus, nom latin tiré de l’herbe aromatique dont l’odeur se dégage de ce poisson, occuper les zones propices à sa reproduction. À la sortie d'une courbe un arbre est couché parallèlement dans le prolongement du courant. L'élément liquide ondoie en réfléchissant les rayons lumineux. Au rythme des vagues changeantes et au hasard d'une lucarne intermittente, je vois une masse fusiforme qui se déplacer.
J'interromps ma progression et cherche au travers de chaque ouverture qui se présente à revoir la forme brune. Quelle n'est pas ma surprise en voyant trois ombres communs: un mâle d'environ trente-huit centimètres, une femelle à peine plus petite et un petit ombre en retrait.
Pour observer cette chorégraphie, je me positionne avec délicatesse afin de voir sans être vu des danseurs. La femelle prend place sur le flanc gauche du mâle. Le témoin de cette union est à une longueur et demi derrière le couple en noce. Les amoureux, comme un seul poisson, font une vive accélération en direction du large puis, bercé par le courant, regagnent le point de départ. Soudain, madame se présente sur le flanc gauche de monsieur. Cela s'est passé en un éclair. Encore aujourd'hui, je ne peux dire si la femelle est passé au-dessus, au-dessous, par derrière ou par devant le mâle peut être, mais pour sûr, cela s'est passé très vite.
Vais-je assister au frai de ce membre de la famille des Thymallinae ? La gravure que j'avais vue se transposera-t-elle dans le réel ? Les ondes dansantes de l'eau, son effet miroir et la faible luminosité excluent toute prise de vue photographique. Reste cet organe magique que dame nature nous a gratifiés, l'œil. Je concentre mon observation sur le secteur précis de cet mariage et profite de chaque ouverture de lucarne.
L'épisode tant espéré émerge, le mâle déploie sa nageoire dorsale et vient recouvrir le dos de son élue. Ils ne font qu'un. Restant en position de nage, Monsieur, se met à vibrer comme s’il entrait en extase. Le limon se soulève et se fait emporter par le courant, les œufs et le sperme se mêlent en gagnant le fond. Maintenant, le mâle relâche son étreinte, la femelle s'écarte un tout petit peu et tous deux repartent dans une danse effrénée.
Je me retire avec la même attention que celle de mon approche, heureux d'avoir assisté à ce spectacle.

07/12/2010

Ah la belle journée

Ah la belle journée
C'est après une petite marche de quarante minutes que nous atteignons les rives d'un lac de montagne. Non loin de la rive,  les saumons de fontaine sont visiblement en pleine chasse. Reste à choisir la bonne mouche. En préparant mon matériel, je continue d'observer la surface de l'eau, à l'affût des insectes qui la quittent afin choisir l'artificielle qui convient. À une trentaine de mètres sur le plan d'eau une nuée d'hirondelles vient frapper la surface. Au vu de la faible éclosion et de la concentration des messagères du printemps j'imagine qu'elles viennent s'abreuver. Cette chorégraphie se renouvelle à quatre reprises, me surprend et m'émerveille chaque fois.
J'ai plaisir à faire voler ma soie et la voir s'allonger avec délicatesse sur le miroir du lac. Tout en surveillant mon artificielle, j'observe un petit point clair glissant sur l'eau. Est-ce un poisson trainant avec lui les restes d'un bas de ligne? Je m'interroge et suis avec attention le déplacement. La petite tache blanche quitte la surface liquide pour prendre un instant de la hauteur. Le lien qui relie ce petit objet ne sort pas de l'eau. Le filin, trahi par le soleil, guide mon regard de bas en haut. L'ensemble s'approche et me permet de distinguer un insecte suspendu à une soie fixée à un petit parachute. L'hexapode fait du kitesurfing sur ce magnifique lac de montagne!
Comme l'enfant fasciné par le trapéziste oublie son cornet de glace fondant sur ses doigts, je continue tel un robot de faire voler ma mouche.

05/09/2010

Remontée des cours d'eau

Pourquoi remonter des cours d'eau

En deux mille trois, je choisis de fusionner deux activités: la pêche et la randonnée. Pour cette dernière, ma préférence va aux promenades de plusieurs jours me conduisant d'un lieu à un autre. C'est ainsi que je décide de faire un tour au sud des Alpes. Permis de pêche en poche, sac à dos contenant une petite tente, de quoi faire cuire mes aliments, de la nourriture pour mon chien et moi. Ceci représente une charge non négligeable pour quelqu’un sans entraînement physique.
Arrivé sur les hauteurs, je prends conscience que l'ombre est rare et que je n'ai rien prévu pour me protéger des rayons ardents du soleil, particulièrement intense cet été en ce début de siècle.
Attendre à l'abri d'un rocher que la rotation de la terre façonne de larges zones d'ombre compromet fortement mon avance.
En étudiant la carte, je dois reconnaître qu'aucun coin de pêche n'est à l'ombre, excepté au fond des vallées.
À l'approche de la soirée, je reprends ma progression. Mais la nuit vient vite et je monte le couvert de toile près d’un point d’eau, prépare mon souper que je partage avec Carex. Durant de longues minutes j'admire le ciel et ses étoiles avant d’abaisser les paupières. Comme on dit, la nuit porte conseil et à mon réveil ma décision est prise: mal préparé, manque de prise en compte de diverses composantes telles les pierriers et les pattes de mon chien, les rayons ultra-violets émis par le soleil et une charge excessive: vingt-sept kilogrammes, j’abandonne. La journée est consacrée à passer sur l'autre versant, rejoindre une gare et rentrer. De cette randonnée avortée, je retiens qu'il faut limiter la charge à l'essentiel, en montagne la pluie et le froid ne sont pas les seules conditions à envisager, le soleil est aussi à considérer.
Deux ans plus tard, liant toujours pêche et randonnée, j'entreprends une traversée nord sud de la Suisse. Point de départ OOOOO dans le canton de Schaffhouse, c'est le plus au nord du pays.
Train, bus et en marche. Carex est heureux. Il trotte devant moi. Puis le temps passant, il reste à mes côtés. Lorsqu'il me devance, c'est pour aller se coucher dans l'herbe sous un arbre où trône un banc ou un grand végétal couché. Mais je ne comprends pas son message. De longues minutes s'égrènent. Mon compagnon se fait plus insistant et précis en s'asseyant devant mes pieds.  Nous repartons et, malgré la chaleur, notre avance est bonne et je suis plus attentif à ses manifestations. Pourtant, en fin d’après-midi la halte est plus longue. Je sors du sac la pommade pour les pieds et lui masse ses coussinets. Sur le dos, pattes écartées, il reçoit ce massage avec plaisir et le rend bien. Je suis convaincu qu'il ne souhaitera qu'une chose, que l'on dorme ici. Mais le but fixé par l'humain cartésien que je suis n'est pas ici. Il reste deux bonnes heures de marche, majorées de cinquante minutes à cause d’un détour.
Arrivé à l'étape, il se couche et s'intéressera plus tard au contenu de sa gamelle. Je vais manger puis rejoins mon chien qui dort profondément. Il me faut encore deux jours pour accepter qu'il ne puisse pas supporter le rythme. Je décide alors de le ramener à la maison et de reprendre seul le périple.
Joindre la pêche à la randonnée fait apparaître de nombreux problèmes : la longueur des étapes pour effectuer cette randonnée dans le temps imparti ne me laisse que des périodes ridicules à octroyer à la pêche. Les différents types d'autorisations de pêche en Suisse entre les secteurs privés, affermés, avec permis et libre, leur subdivision et où se procurer la patente qui convient, j'y vois trois réponses qui sont respectivement de passer du temps pour chercher comment et où obtenir l'autorisation, pêcher sans le sésame ou renoncer à pratiquer.
Au vu du premier défi je choisis de ne pas pêcher. Ainsi, je promène mon matériel halieutique en remontant la Reuss puis en descendant la rivière Tessin. Le passage des Alpes se fait partiellement sous la neige, la pluie, le brouillard et le soleil.
Cette traversée m'enseigne que si je maintiens la priorité au chemin parcouru dans un temps imparti, il ne faut pas envisager de lancer ma mouche dans l'espoir de voir monter un poisson. Mieux sélectionner ce que je mets dans le sac, bien que j'aie cinq kilogrammes de moins il est toujours trop lourd. Ne pas surestimer mes capacités avec des parcours qui deviennent de la marche forcée, le dernier jour, chargé, j'ai parcouru soixante kilomètres, la nuit fut pénible.
Les randonnées suivantes sont entreprises dans un but de pèlerinage de nos principaux cours d'eau menés à mal depuis trop longtemps.
La remontée de l'Aar a été interrompue, je n'ai pas contrôlé mon matériel, le sac a lâché et les chaussures proches de le rejoindre avec cela un temps compté trop juste et n'offrant aucune marge.
En remontant le Rhin, je suis parti trop fort ce qui m'a contraint à un arrêt forcé de quelques jours, la suite s'est très bien déroulée. J’ai beaucoup appris sur le plan personnel. Le matériel emporté était assez bien ciblé, les tronçons mieux équilibrés bien que toujours un peu longs.
De la remontée de l'Inn je retiens que l'eau est un bien précieux et indispensable que l'on ne trouve pas forcément dans chaque localité. Que la distance entre deux points d'eau peut demander du temps. Une fois de plus, je ne dois pas surestimer les capacités de mon corps.
Les cours d'eau d’une certaine importance sont utilisés depuis longtemps comme voie de communication. Par navigation, à pieds ou en ayant recours à un animal, chars et chariots, chemin de fer et véhicules automobiles. Aujourd'hui, dans les parties de plaine, les sentiers damés ou goudronnés se partagent avec les vélos parfois quelques voitures et il arrive, hélas, que le cheminement se confonde à la route.
C'est en arrivant en montagne, à l'approche du lieu de naissance de la rivière que l'on rencontre de vrais et beaux sentiers.
En marchant sur des kilomètres de digues ainsi qu'à l'aval des usines hydroélectrique, j'ai mesuré l'ampleur des atteintes désastreuses qu'ont subies fleuves et rivières.
Parmi les méfaits, il ne faut pas oublier les remaniements fonciers parmi lesquels on trouve les pseudos couloirs sécuritaires qui ont pour but d'éliminer le liquide au plus vite sans se préoccuper des conséquences à l'aval comme à l'amont. 13.jpg
2.jpgNon satisfait de le restreindre dans ses mouvements, d’exploiter son énergie, on l'utilise pour le transport de nos déchets et tout cela très égoïstement sans se préoccuper des hôtes de ces milieux vitaux, Certes, un cours d'eau peut être dangereux au même titre que la montagne si on ne les respecte pas. Les zones humides, soutien et épurateur naturel des rivières, ont été massacrées. Il faut être conscient que la correction indispensable de ces erreurs, appelée renaturation, coûte beaucoup plus que les dépenses consenties pour ce que l'on nomme pompeusement «assainissent».
Hélas, certains travaux d'une époque révolue se poursuivent aujourd'hui, soulignant l'incompétence de nombreux décideurs.

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Je n'envisage pas de remonter le Rhône, l'accès des rives lémaniques est impossible sur la plus grande partie Suisse de son périmètre. Ce droit de marche à pieds est galvaudé par la soumission des élus face à l'insolence des propriétaires riverains.

02/09/2010

Remontée à pieds de l'Inn, Maloja à Madulain

Maloja à Bivio

Le temps est radieux. Pas un nuage. Je me mets en route peu avant huit heures. Oui, comme vous le remarquez depuis que je suis de retour dans mon pays, le mot heure revient régulièrement.
Avant d'entamer la montée, je soigne le réglage du laçage des chaussures, règle l'altimètre bien que ce ne soit pas indispensable, mais cela me fait plaisir. Huit-cents mètres de montée avec une pause sur les rives du lac Lugin 2.jpgau trois quarts du chemin. Je me suis préparé à monter d'un pas lent et régulier jusqu'au lac. En arrivant, je vois trois pêcheurs qui ont passé la nuit là-haut. Ils pêchent la truite canadienne, mais pour l'instant sans succès. Après avoir demandé permission, je me déchausse pour marcher dans le lit de naissance de l'Inn.

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Maintenant, la montée qui reste à faire est celle du retour. Au sommet se trouve une marque qui désigne la séparation des eaux en trois directions, la Mer Noire, l'Adriatique, et l'Atlantique.11.jpg

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Une longue descente commence. Elle me semble interminable et ce pour deux raisons: le but est atteint et en montagne je descends très mal. Je prends quelques photos de fleurs et à chaque sifflement caractéristique, je cherche la marmotte aidé par mes jumelles.
Il est quatorze heures vingt. J'arrive à Bivio. Reste le bus, le train et à poursuivre les réflexions commencées à Passau pour arriver à la source de l'INN.

Cours de l'Inn.gif

01/09/2010

Remontée de l'Inn à pieds de La Punt-Chamues-ch à Maloja

La Punt-Chamues-ch à Maloja

Petit déjeuner et conversation avec la maitresse de maison concernant les différences d'accueil entre les pays traversés, échange d'expériences sur les randonnées à vélo ou à pieds. Sur ce, la discussion se poursuit avec des allemands venant de Munich à vélo et leurs prévisions pour les six prochains jours. La tenancière me conseille quant au choix du chemin et ainsi éviter les détours inutiles.
Je traverse une zone humide remise en valeur.

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Apparemment, un ruisseau a dû être mis au cordeau il y a plusieurs années de cela. Aujourd'hui, bien qu'il garde sa rectitude, ses berges ont été abaissées et il forme des petits plans d'eau riches en macrophytes. J'observe des truites et des ombres de taille modeste, l'eau qui s'y écoule est claire et le fond n'accueille pas d'algues, ce petit ru est parallèle à l'Inn.
Plus en amont cette rivière dont l’eau rejoindra la Mer noire, a été re-naturée suite à des inondations. 9.jpgDe nombreuses dérivations ont vues le jour sur sa rive gauche. 4.jpgLes murs fonts place à des talus en pente douce permettant au cours d'eau de s'étendre lors de crues sans accélération brutale de son écoulement.Des grèves de galets forment des îles, la diversification d'écoulement offre de nombreux habitats et je m'arrête avec plaisir pour regarder des truites et des ombres en pleine activité, gober émergeantes et mouches.

De tels aménagements ne coulent apparemment pas de source. Deux propriétaires de terrain, sur une des dérivations ont, de toute évidence, voulu leur mur! Il est fait de gros blocs bétonnés. Chaque centimètre acheté, volé devrais-je dire, à un moment donné a été pris à la nature. En somme, comment nomme-t-on une personne qui détient un tel objet ?Alors, ne sommes tous pas des receleurs face à notre mère terre?

 

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Je marche sans relâche. En contournant le lac à hauteur de  St.Moritz, je me sens bien, avec la certitude que je terminerai, je longe les rives droites des lacs de Sils et de Silvaplana, un vent soutenu me vient de face et offre du plaisir à de nombreux amateurs de jeu d'eau et d'éole. La berge est plaisante et m'invite à faire une petite pause pour le plus grand bonheur de ceux qui se trouvent enfermés depuis de nombreuses heures dans leur chaussure.14.jpg
Arrivé à Maloja, il ne m'est pas nécessaire ne me mettre en quête d'un lit, Leni m'a réservé une chambre. Elle est simple et j'y trouve ce que j'attends: une bonne douche, m'allonger un moment et laisser défiler la journée dans ma tête avant de descendre au restaurant et manger en prenant tout mon temps. Puis je remonte les marches d'escalier que chacun de mes pas fait geindre. J'écris le billet, éteins la lumière et laisse les paupières tomber devant les yeux.

 


30/08/2010

Remontée de l'Inn à pieds de

Guarda à La Punt-Chamues-ch

Après une très mauvaise nuit, je n'ai pas réussi à m'endormir avant quatre heures et à six heures trente je ne dormais plus. Ce n'est pas le souper qui n'a pas passé, mais le prix du coin à dormir: nonante-et-un francs pour une minuscule chambrette, sans commande d'éclairage ni lampe proche du lit. Qu'il n'y ait pas de télévision ne me gène pas et dans aucun des hôtels précédents je ne l'ai allumée. Autre élément d'irritation, si j'ai choisi cet établissement c'était pour la liaison internet. Aucun réseau de ma chambre même pas pour téléphoner. Décidément, l'hôtellerie Suisse offre des prestations lamentables au regard du tarif.

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Je débute ainsi une longue journée de marche. Onze heures sans les pauses. J’espère atteindre Madulain.
Le sentier est beau, les dénivelés plus doux que ceux du jour précédent, mais plus long. Hélas, je suis souvent loin de l'Inn. Par moments, elle se montre en contre-bas, sans se laisser entendre. Avec leur chapeau fauve, les bolets guident mes pas. Tout en relativisant les troubles qui ont perturbé ma nuit, je mesure mon avance par les hameaux et les villages dépassés. Le temps passe et expérience faite j'oublie le wiffi et dès seize heures je débute la recherche d'un lieu où passer la nuit. Je passe des lieux où les hôtels sont inabordables, un écriteau indique «Zimmer frei» et il y a un numéro de téléphone. Alors, sac à terre, je sors le combiné mobile et tape les nombres les uns après les autres. La tonalité retentit, une, deux, trois fois et la voix laissée sur l'enregistreur me répond en anglais que la personne n'est pas là et me prie de rappeler plus tard. Et si je patiente en vain ou c'est complet, je dors où? Je décide de passer au prochain groupement de maisons. Toujours sans succès. Je dépasse l'étape initialement prévue. Enfin à La Punt-Chamues-ch, je trouve un hôtel et entre demander s’ils ont des chambres pour une nuit et une personne. La réponse et positive. L'employée me communique le prix. Je demande de me répéter, pas certain d'avoir bien compris. Elle répète, voyant que je n'ai toujours pas bien compris, elle me montre le nombre. Asseyez-vous!  Sur la carte il y a dans l'ordre les chiffres 260.- et ceci pour une nuit et un lit. Je réponds que ce prix est trop élevé pour ma bourse, mais peut-elle m'indiquer si, dans les environs proches, il y a un garni ayant des prix plus à ma portée. Deux cents mètres plus haut à gauche, ils ont des chambres. Rassuré, je la remercie et me dirige vers ce bâtiment, il a l'écriteau «Zimmer», mais en lieu et place de «frei» il y a «besetzt». Mon espoir s'envole. J'envisage de tendre mon hamac entre deux arbres et de me glisser dans le sac de couchage que je promène depuis quinze jours en prévision. Mes pieds continuent de me faire avancer tout en me faisant comprendre qu'ils en ont marre. Je rencontre une dame en train de ranger la terrasse d'un débit de boisson attenant à un terrain de sport. Je lui raconte les déboires de mes recherches et l'interroge si elle sait où je peux trouver une chambre pour une nuit. Elle me donne une adresse, mais comme la gauche et la droite ne peuvent se comprendre, je ne trouve l'endroit. Je traverse le pont, entre dans une pizzeria et repose la même question. La serveuse désigne une maison, je m'y dirige, frappe à la porte. Un homme apparaît dans l'encadrement de sa porte, il prête l'oreille et me répond qu'il aimerait bien satisfaire ma demande, mais que toutes les chambres sont occupées. Me voyant dépité, il propose de téléphoner à une dame qui met des chambres à disposition sans en faire de publicité. j'accepte et il appelle cette personne. Il me confirme en souriant qu'il y a une chambre et que l'on m'attend. Je le remercie et retraverse le pont, cherche les points significatifs et trouve la maison. La porte est ouverte et une femme se lève et vient à ma rencontre s'assurer que je suis bien la personne qui a été annoncée. J'ai à disposition une jolie chambre, douche et toilettes sur l'étage. Une douche glacée pour mes pieds, ils sont heureux, et de l'eau moins froide pour le reste du corps. Je me change et c'est au tour de l'estomac de recevoir son dû. Reste une envie terrible et qui a beaucoup de mal à attendre, elle consiste à rejoindre les bras de Morphée.

29/08/2010

Remontée de l'Inn à pieds de Martina à Guarda

Martina à Guarda

Petit déjeuner à la hauteur du souper. Il n'est servi que dès huit heures, heure Suisse! Le prix correspond à celui des quatre étoiles d'Allemagne et d'Autriche.
Le sentier longe l'Inn, le paysage est beau et grandiose hors des zones bâties où de cultures, le cours d'eau est libre et exprime ainsi son caractère riche et noble. 3.jpgLe marquage  des chemins d'excellentes qualité me permet de profiter pleinement du paysage qui se déroule à chaque pas devant mes yeux. J'arrive à Scuol dans les temps et comme d'ordinaire, je ne peux m'empêcher de déterminer le moment de mon arrivée à Guarda. Les pronostics s'avèrent totalement faux. Les dénivellations n'ont pas été prises en considération et je mets près du double de ce que j'ai soigneusement calculés, en omettant un des paramètres.

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Je dois changer de rive, le sentier n'étant plus praticable à cause d’importanst risques de chutes de pierres. Devant moi, il y a un établissement thermal à l'abandon. Il n'est pas le seul. D'autres grosses constructions, elles en bon état, semblent aussi désertées. En montant encore je 9.jpgdécouvre des courts de tennis avec une installation d'éclairage récente alors que l'herbe reprend ses droits en passant au travers du tapis ocre de la surface de jeu. Dans l'espace réservé à l'information une fontaine délivre de l'eau très légèrement gazeuse, le long de la route d'accès un immeuble au toit calciné et deux autres désertés. Ce lieu me laisse une étrange impression, d'étranglement à but spéculatif, mais cela ne se fait pas et je me trompe certainement.…
Une fois ce domaine dépassé, ma route s'élève de près de trois-cents mètres en faisant de nombreux lacets qui m'éloignent verticalement et horizontalement du cours d'eau, ouvrant à mes yeux le spectacle des montagnes et ici un château 13.jpghaut perché. Le sentier s'infléchit de plus en plus pour se précipiter vers la rivière que sont chant trahit. Mes yeux scrutent la gorge devant moi et soudain, les remous m'apparaissent ainsi qu'un pont suspendu d'une rive à l'autre.

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Le Cours d'eau traversé et voilà qu'il me faut remonter de quelques hectomètres. Une fois en haut je me retourne et contemple ce magnifique paysage. 15.jpgLe temps passe et il me reste encore du chemin à faire pour rejoindre le but fixé. Une fois de plus, mécontentement de notre hôtellerie, le prix surfait ne correspond en rien à la chambrette mise à disposition.

28/08/2010

Remontée de l'Inn à pieds de Faggen à Martina

Faggen à Martina (Suisse)

Je franchis un pont pour rejoindre la via Claudia Augusta. Cest le nom que porte le sentier de randonnée qui me conduit jusqu'à la frontière Suisse. Ce chemin est agréable. Montées et descentes se succèdent à plus où moins vingt mètres. Tout au long il y a des champignons, les bolets sont de loin les plus nombreux. En contre-bas, l'Inn se trémousse entre de grands rochers en abordant avec élégance les nombreux virages de sa route. Trop occupé à regarder autour de moi je ne prends pas garde au dédoublement de la voie et celle que j'emprunte me fait grimper de quatre cents mètres. Soufflant, suant je jure qu'à l'avenir je serai plus attentif. Pieuse promesse.

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Je fais une petite pause à Pfunds pour reposer mes jambes et garnir mon estomac. Je descends convenablement et sans record de vitesse les trois marches qui me conduisent dans l'une des salles de cet hôtel restaurant. En chaussures de montagne, volumineux sac à dos et trempé de sueur, je viens pour manger un morceau. Mon apparence ne joue aucun rôle et je me sens reçu avec amabilité et simplicité. Le repas est parfait, je règle la note en rien excessive et me remets en mouvement.

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Un appel téléphonique à mon épouse que j'avais chargée de me trouver un lieu pour dormir plus près de la rivière que celui choisi confortablement assis devant l'écran de l'ordinateur. J'appelle Leni. Elle me confirme que l'hôtel me réserve une chambre, mais je dois arriver au plus tard à dix-sept heure trente. Je lui demande de rappeler et d'informer que mon arrivée est possible entre dix-huit et dix-neuf heures. Réponse de l'hôtelière: mais pas après dix-huit heures trente. Je modifie mon cheminement, trois heures de marche le long d'une route avec des camions qui me frôlent. C'est pas terrible, mais j'ai de magnifiques vues dominantes sur le cours d'eau que seul je peux apprécier. En passant la douane Suisse, les fonctionnaires du département militaire me demandent mes papiers et le rituel : avez-vous quelque chose à déclarer; d'où venez-vous où allez-vous? Je les informe que ma pièce d'identité n'est plus valable depuis dix ans et les seuls achats sont deux tubes de pommades, l'un presque terminé et l'autre bien entamé, venant de Genève le train m'ayant déposé à Passau et j'ai pour but de rejoindre la source de l'Inn à pieds pour retourner à Genève. Sur ce, j'entends c'est bon vous pouvez aller. Encore quelques paroles amicales sont échangées, parlant des étapes.


Largement dans les temps, je rencontre la responsable du logement de ma nuit. Elle me remet les clés de la chambre en me faisant savoir que si je veux manger c'est à dix-huit heures! Avec cette dernière précision je prends vraiment conscience que je suis en Suisse.

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Le souper est au choix une pizza Margerita agrémentée de jambon où de lard où encore de viande séchée. Éventuellement un sandwich ainsi que trois autre propositions du même acabit. À relever que durant ces deux semaines, j'ai eu de vrais repas pour une somme analogue. Bel accueil suisse!

27/08/2010

Remontée de l'Inn à pieds

Mils bei Imst à Faggen


J'ai bien dormi. Petit-déjeuner copieux et vaste choix. C’est le système grande surface et une fois son plateau servi, passage à la caisse, pesage du bol de céréales avec fruits et yaourt, ma tasse de café m'est remise et en échange je paie avec le bon de la nuit.
En grinçant, mes jambes se mettent en mouvement. À droite, c'est le haut qui se plaint et expérience faite, cela dure une demi-matinée, le bas de la gauche se lamente et le fera toute la journée. Rien à faire.
Le paysage me plaît. La rivière ne semble pas avoir subi les outrages de l'homme. 2.jpg
Elle se coule entre deux parois de rochers, dans son lit de gros blocs sur lesquels le liquide vient buter avant de contourner l'obstacle. J'imagine sans peine la diversité de milieux: zones de repos, de chasse, de protection de reproduction et cela pour chaque espèce et toutes classes d'âge.
À l'approche de Landeck, les murs font leur réapparition pour disparaître à nouveau un à deux kilomètre en amont de la localité. L'Inn rugit, joue à saute-mouton, se tient tranquille derrière un repli comme si elle participait à une partie de cache-cache. Soudain, elle hurle d'horreur en sautant d'un barrage alors qu’en amont, la rivière ralentit sa course, inquiète de ce qui l'attend. Car Madame Pluie lui a laissé entendre qu'après le passage de cette barrière, son cours deviendrait un vrai corbillard. On ne compte plus les poissons déchiquetés. Très rares sont les survivants et généralement, ils ne peuvent survivre de leurs blessures. Mais pourquoi cela ?  interroge la rivière...

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Pour te soutirer ton énergie et en gaspiller le tiers pour le moins! C’est ainsi que les humains se croient supérieurs.
Aujourd'hui j'arrive de bonne heure avec très peu de précipitations, juste de quoi sortir mon parapluie. Et comme je l’ai oublié à la pharmacie de Landeck, je suis contraint d'y retourner. Vingt minutes de marche dont je me serai bien passé. Lessive des pantalons en plus car, curieux, j'emprunte un chemin dans lequel les passages répétés de chars ont creusés deux traces parallèles dans la roche. Avec l'humidité, le chemin est glissant. j'avance avec prudence. Pour rejoindre le sentier, il faut descendre quelques marches d'escalier faites de grosses poutres issues d'arbres de la région. Je m'attends à ce que le passage soit périlleux, pose un pied et contrôle l'adhérence. La surface est comme savonnée. Avec toute l'attention qu'il se doit je pose l'autre pied sur la seconde marche. Le coefficient de frottement est des plus faibles. Jusque-là, la situation est maitrisée. Au moment où je libère mon appui de la première marche, je ne conçois pas avec quelle vitesse peuvent se descendre des marches d'escalier. Je vous assure, je n'ai pas réussi à les compter, mais le gain de temps n'est pas certain car il faut se relever et avec le sac au dos, j’ai l’air d’une tortue. Il faut mettre les quatre pattes en position, la charge dessus et hop!

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25/08/2010

Remontée de l'Inn à pieds, Telfs à Mils bei Imst

Telfs à Mils bei Imst

Il a plu toute la nuit. Pendant le petit-déjeuner, c'est la bruine qui rejoint le sol détrempé. Je suis peu optimiste quant aux conditions météo de cette journée. Vient le moment de partir. Le ciel se dégage, les précipitations ne réapparaîtront que dès seize heures, mais avec générosité.
Je décide de marcher six heures sans pause ,tout au plus de brefs arrêts photo et changement de flacon d'eau. Engagement tenu et dépassé d'une demi-heure, le site visé a des bancs, des tables et même un couvert semble-t-il. 5.jpg
Arrivé à la halte je découvre une fontaine et sous l'abri un bassin accessible par un escalier. Ce sont mes pieds qui vont être heureux. L'eau jaillit d'une source; elle est froide à souhait. Mon repas se compose de fruits secs, de noisettes et de noix avec de l'eau fraîche pour me désaltérer.

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L'Inn se montre assez libre, son cours ne laisse entrevoir que peu d'intervention de la main de l'homme. J'aime la voir ainsi.
C'est dimanche et de nombreux rafts se laissent entraîner par le courant. Les cris des occupants trahissent-il la peur ou la joie? La crainte peut aussi faire le bout-en-train.

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Je m'approche du but, le paysage est merveilleux jusqu'à la sortie d'une grande courbe à droite (sens du courant) où chacune des deux rives est gardée par des parois de rochers. Soudain, le brouhaha, quarante mètres plus haut, le pont d'une auto-route. La pluie s'est remise à jouer les trouble-fête.
De fait, sous mon parapluie et sac à dos sous son imperméable, je ne consulte pas la carte jusqu'au moment où je me trouve sous un pont et là, je découvre que la cible est dépassée de cinq kilomètres!
Non, je ne fais pas demi-tour, je vise le prochain village et il me faut vingt minutes avant d'y arriver. Je jette mon dévolu sur ce qui ressemble à une grosse ferme. Une fois à l'intérieur, je me rends compte que c'est un relais auto-routier.
Mais bon, j'y suis, j'y reste. Les  chambres donnent sur le côté opposé de la route. Un silence impressionnant. Même les fenêtres ouvertes en train d'écrire, je n’entends que le bruissement léger de la pluie fine sur les feuilles des arbres et le toit.
Pour lundi les prévisions sont: pluie et pluie.
Bonne nuit.

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24/08/2010

Remontée de l'Inn à pieds, Hall im Tirol à Telfs

De Hall im Tirol à Telfs

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23/08/2010

Remontée de l'Inn à pieds, Rotholz à Neu Rum

Remontée de l'Inn à pieds, Rotholz à De Hall im Tirol

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14/08/2010

Remontée de l'Inn à pieds, Kirchbichl à Rotholz

Kirchbichl à Rotholz

13.08.2010

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13/08/2010

Remontée de l'Inn à pieds, Rosenheim à Kirchbichl

Rosenheim à Kirchbichl

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