25/04/2007

La petite chenille verte

La petite chenille verte

Assis au bord de l'eau, ma canne à mouche à mes côtés, j'observe la rivière tout en cherchant quelques vols d'éphémères ou, oh miracle, une truite venant gober.
Soudain mon regard capte une petite chenille suspendue à son fil à quelques décimètres de la surface de l'eau. C'est alors que ma mémoire se manifeste et remonte à la surface de ma conscience des images captées l'an passé: ces petites larves qui, au contact de l'eau, se mettent à nager pour rejoindre le bord. J'étais resté admiratif alors et aujourd'hui, j'attends impatiemment le même spectacle dans les remous et les vaguelettes dansantes. Mais, à ma surprise, elle cesse de descendre pour reprendre le chemin inverse. Tout en observant cette remontée, je suis du regard ses contorsions sur son fil et constate que le chemin à parcourir est diablement long.
M'aidant  de ma canne, j'estime la longueur du fil au-dessus d'elle à trois mètres cinquante.
Dans mon esprit, cette petite chenille se transforme en homme suspendu à une corde sous un surplomb, remontant à l'aide d'accessoires.
Curieux et perplexe je ne la quitte plus des yeux. Quand va-t-elle s'arrêter pour se reposer ou renoncer ?
Inlassablement elle poursuit sa montée pour disparaître de ma vue, tout là-haut, sur cette branche hors de ma portée.
Un bref calcul de proportions me démontre que la petite chenille verte, cette larve, vient de réaliser l'exploit en escaladant, sans interruption et en toute modestie, l'équivalent pour un humain adulte, de huit-cent-septante-cinq mètres...

 

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20/04/2007

Coule rivière

Eh bien voilà, je me jette à l'eau pour vous parler d'eau.
Comme chacun le sait, au printemps c'est l'éveil de la nature. Les végétaux se parent de neuf. Les oiseaux de chant charment nos oreilles. Plus discrets, les mammifères s'activent autour de leurs petits. Passant inaperçus au point d'être ignorés, les salmonidés voient leur progéniture prendre possession de leur avenir.
En me promenant le long de la Versoix, je peux observer, ça et là, des alevins de truites à l'affût entre les pierres le long des berges, dans quelques centimètres d'eau. Sur des fonds plus riches en limons, ce sont des alevins d'ombres qui chassent entre deux eaux, eux aussi tout au bord dans quelques centimètres d'eau.
Une variation un peut trop rapide du niveau d'eau, provoquée par un lâcher ou pour recharger la retenue afin de produire de l'énergie que l'on prétend propre et voilà ces vies anéanties et, à coup sûr, elles ne sont pas les seules à souffrir de notre avidité d'énergie, énergie que l'on s'empresse de gaspiller sans remords.
Assis sur la berge, je ne peux m'empêcher de penser à ces nuages d'éphémères, trichoptères et plécoptères qui peuplaient le ciel de mon enfance. Vont-ils se manifester à nouveau? Demain peut-être...

Alevin de truite

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