27/06/2007

Concours

Non, je n'aime pas les concours de pêche.
Il est vrai, ils permettent de réunir des gens animés d'une même passion. Mais le but d'un concours est de prendre le plus, en nombre, en quantité, en poids et cela au mépris de cette faune aquatique. J'ai encore à l'esprit ces poissons qui gigotent  dans un récipient avec peu et  fréquemment  pas d'eau du tout. Ces animaux sont conservés dans le seul but de valoriser un être humain pour un très court instant.
C'est donc avec réserve que je me suis inscrit à celui organisé par le "Club Mouche La Phrygane". Auraient-ils une recette différente de se rencontrer entre pêcheurs tout en respectant salmonidés, cyprinidés...?
Ce défi a été imaginé par Marc Petitjean. Les règles sont lsimples: des équipes de deux pêcheurs sont constituées par tirage au sort. Un secteur leur est attribué de la même manière. A ce stade, mon scepticisme est encore bien présent.
Le président précise les règles de la journée: chaque pêcheur n'a droit qu'à une mouche. S'il la perd, elle ne peut être remplacée. Le choix est irréversible. Une seule capture peut-être mesurée. La partie se termine avec la mesure d'un poisson ou avec la perte de sa mouche. Il est évident que le règlement de pêche est à respecter, aucune capture sous la taille réglementaire ne peut-être conservée, les hameçons sont dépourvus d'ardillon.
Me voilà un tout petit peu plus confiant. Avec mon coéquipier, nous allons à la découverte du parcours désigné par le hasard. Chacun s'équipe, choisit sa mouche  et la partie de pêche commence. Les lancers se succèdent. Chaque radier, coulée, trous le long des berges, sous les branches au risque de crocher et perdre sa mouche est exploré. Aucune cache n'est oubliée. Les heures passent. Nous cessons un instant de pêcher et tout en discutant nous observons la Singine. Rien ne bouge. Aucun vol d'éphémère. La vie semble absente.
Nous reprenons la prospection et au moment où mon coéquipier me lance, dépité : "je crois que nous allons rentrer bredouilles. C'est presque l'heure d'aller au lieu de rassemblement" qu'il ferre soudainement une truite. Délicatement, il la saisit au moyen de son épuisette. Il la mesure sans la sortir de l'eau et peut reprendre sa liberté.
Arrivé à notre point de ralliement, chacun cherche à savoir qui a mesuré le plus grand poisson. Fort peu ont fait une capture. Il y a celui qui a cru que sa première serait suivie d'autres, alors il ne l'a pas mesurée et a poursuivi sa pêche dorénavant infructueuse. Cet autre qui, au troisième lancer a perdu sa mouche, accrochée dans une  branche haut perchée. Un autre ne voulant pas perdre sa mouche a glissé,pris un bain forcé sans récupérer sa mouche.
Chaque prise a été décrochée et relâchée avec ménagement.
Je suis sorti de ma réserve. Un tel défi laisse un maximum de chances aux poissons. On découvre d'autres rivières, d'autres personnes. Le but n'est pas de ramasser, mais d'observer, de réfléchir, de décider et ainsi saisir sa chance.

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19/06/2007

Le trou Jean-Jacques

Assis au bord de la Versoix, mon chien et moi regardons tomber la pluie. Petit à petit, les gouttes d'eau ont raison de ma veste. Pas de celle que je me suis faite. Mais d'une de ces vieilles vestes dont on ne sait pourquoi elle est systématiquement la première à sauter sur mes épaules. Serait-ce le contact de cet or bleu sur ma peau ou le passage, de plus en plus fréquent, de feuilles, de branches et d'objets évoquant une civilisation aisée (papier, sacs plastique et j'en passe). La Versoix ne tarde pas à virer au brun. Son odeur change, expiration douce de la rivière, fragrance stimulant mes cellules olfactives, qui ne tardent pas à aviver des instants du passé.
Me voilà une certaine fin de semaine de juin 1956, Ascension ou Pentecôte. Profitant d'un congé prolongé mes parents et des amis proches ont décidé de camper quelques jours. Nous inaugurons une tente conçue par mon père. Ce pavillon de toile, mon père le voulait, léger et spacieux, de manière que l'on puisse s'y tenir debout en tous points.
Les tentes montées, les hommes partent à la pêche, les femmes s'activent pour que tout soit prêt à leur retour.
L'arrivée de la pluie précède le retour de nos vaillants pêcheurs. Une pluie fine et serrée, une pluie qui doit durer. Le Jura s'est revêtu d'une cape grise qui ondule lentement sous le vent, dégageant, pour de courts instants, le flanc lémanique de cette respectable montagne.
Tous réunis, les discussions vont bon train. Les truites que l'on a réussi à leurrer et qui ont étés capturées au terme d'une âpre lutte. Les autres, de taille impressionnante, ont réussi à se sauver, mais elles n'ont qu'à bien se tenir, le pêcheur reviendra. Celles qui ont été manquées par maladresse déclenchent les rires. Une soupe aux légumes et lard dissipe son fumet. et son arrivée est accompagnée d'un "mmh" collectif. Un grand calme s'installe. Seuls quelques rares cliquetis d'une cuillère rencontrant le fond du bol souligne le silence quasi religieux soudainement brisé par un régulier ploc, ploc, ploc.. La toile qui forme le toit s'est affaisse sous le poids de l'eau et, au point le plus bas, des gouttes d'eau traversent le tissu et tombent dans le bol de soupe de Maurice. Avec un langage coloré propre à ce remarquable artiste peintre, il attire notre attention sur le problème. Chacun propose sa solution. Finalement, c'est une branche de noyer qui résout le problème.
En catimini, la nuit s'installe. Une de ces nuits noires. Les nuages occultent tout astre susceptible de dégager une pâle lueur. Soudain, ma mère lance: "messieurs, si vous voulez du café, il faut que l'un d'entre vous se dévoue pour aller chercher de l'eau". Jean-Jacques se propose pour cette louable tâche. Connaissant mal les lieux et cherchant confirmation, il demande: "pour l'eau, c'est bien là-devant" ? La réponse vient en chœur: "oui, tout droit, à quelques pas". Le voilà, casserole en main, bravant la pluie à la recherche du précieux liquide.
Quelques instants plus tard, une silhouette grelottante apparaît sous l'abri. Notre ami est là devant nous dégoulinant, sans la casserole. Il nous raconte sa mésaventure: "en avançant, là tout droit comme vous me l'avez dit, je n'ai pas vu le bord et le dernier pas, fatidique, ne m'as pas laissé le temps de me rattraper et je suis tombé dans un trou profond . Désolé pour la casserole, elle est au fond". Eclats de rires de toutes parts, les taquineries fusent. Mais rapidement, quelques vêtements lui sont apportés afin qu'il puisse aller se changer.
Le lendemain matin, nous prenons, sous couvert un copieux petit déjeuner. La pluie tombe toujours. Mon père annonce: " si la pluie persiste encore toute la journéela Versoix sera trouble demain . Les truites seront dehors, on a des chances de prendre quelques très gros spécimens. Oui, il faut bien deux à trois jours de pluie continue pour que cette rivière trouble.
Mais, dans la journée la pluie cessa. Soulagement des épouses, de ma soeur et moi. Regret des pêcheurs. Ce n'est pas cette fois que la Versoix sera trouble.
Le lendemain, le camp est plié et c'est la tête pleine de bons moments que nous rentrons.
Quant à moi, je me relève, mon chien Carex en fait autant. Sur le retour, de nombreuses questions surgissent: "comment se fait-il, qu'aujourd'hui en moins d'une demi-journée, la rivière se trouble si rapidement. Que l'eau monte aussi vite pour redescendre aussitôt" ?
Bien d'autres questions me tourmentent. Je les aborderai dans d'autres billets.

 Crue

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12/06/2007

Liberté volée

J'ai envie de mettre en parallèle les images des crues de l'Oberland Bernois avec ces rivières qui, incarcérées depuis des lustres, tentent de reprendre cette liberté volée et le rejet, par conseil le fédéral, de l'initiative "Eaux vivantes". Je m'interroge quant à la qualité humaine de nos décideurs qui privilégient les gains économiques d'une minorité de nantis cupides face à la vie à laquelle nous appartenons.
Faut-il d'autres catastrophes que l'on insiste à mesurer en coûts financiers (solution de facilité), avant de reconnaître que notre existence est intimement dépendante du respect de la condition de vie des autres habitants de cette terre.
Les erreurs sont étroitemement liées à l'évolution. Refuser de le reconnaître et persister peut s'avérer criminel.
Depuis de nombreuses générations, on a canalisé, "corrigé" et pour mieux faire passer la pilule on a "assaini". Que nos ancêtres n'aient pas mesuré l'impact de ces modifications est admissible. Il a fallu du temps pour que les effets dévastateurs se fassent sentir. Mais depuis quelques décennies des personnes attirent l'attention de nos décideurs sur les conséquences engendrées par cette ingérence dans la nature. Sont-ils sourds ou guidés par des intérêts moins avouables?

Esclavage

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04/06/2007

Brevet de pêche

C'est à Genève que trente-quatre passionnés de pêche se sont réunis à deux reprises pour passer le fameux brevet du pêcheur sportif. La première soirée fut consacrée à la préparation où plusieurs sujets sont traités, tels que : les différentes espèces vivant dans nos eaux, les nombreuses méthodes de pêche, les problèmes de pollution, les appâts et les leurres, le comportement envers le poisson capturé, le droit et la loi sur la pêche, l'éthique, etc, etc...
Les participants ont mis à profit les quelques jours avant la soirée consacrée au contrôle des connaissances à étudier la brochure dédiée à la préparation des cent-quarante questions. Le jour "J" ils sont tous prêts et c'est dans une ambiance des plus studieuses qu'ils ont rempli le questionnaire qui leur a été soumis. C'est avec brio qu'ils ont obtenu leur Brevet, démontrant par là-même l'intérêt qu'ils portent à la pratique d'une pêche respectueuse.

Ce brevet suisse du pêcheur sportif a vu le jour en 1979 en Suisse germanophone. Son fondateur est monsieur HJ. Dietiker. Depuis sa création, ce ne sont pas moins de quarante mille pêcheurs d'outre-Sarine qui l'ont passé. Cinq cantons imposent ce brevet pour l'obtention du permis. Ce brevet est reconnu par la législation de l'Autriche et de l'Allemagne en lieu et place de leur diplôme national.
En février 2001, Monsieur Verdon a mis à disposition le brevet traduit en français et adapté pour la formation en Romandie.
A toute personne intéressée je recommande de visiter le site www.brevet-pecheursportif.ch. Vous y trouverez de nombreuses informations et tout l'historique.

                                                                                            

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