17/07/2007

16 juillet : Güttingen - Rorschach

16 juillet : Güttingen - Rorschach


Une nuit réparatrice et c'est reparti pour Rorschach. Je rejoins le bord du Bodan que je longe tant bien que mal jusqu'à Romanshorn. Les rives sont desertées par les humains. Un pêcheur revient du lac. Tout semble rentrer dans l'ordre, jusqu'à la prochaine fin de semaine.

Deux heures de marche dont le suprême intérêt est de faire apprécier les nombreux petits présents tels l'ombre fugitive d'un arbre, une goutte de rosée s'évaporant, m'amènent de Romanshorn à Arbon.

 

Au bord du Bodan dans la région dArbon 

 

Ce tronçon longe le bord de la voie ferrée. Un chemin couvert en alternance de gravier ou de bitume et baigné en permanence par les rayons éclatants du soleil. La fournaise, quoi!

Mais toute chose a une fin et, oh privilège, les instants difficiles sont vite oubliés, offrant plus de grandeur aux autres.

Le soleil me brûle. Mon seul objectif étant de remonter un important cours d'eau de Suisse avec plaisir, je décide de faire une pause accompagnée de quelques brasses. La fraîcheur de l'eau me fait le plus grand bien. Me voilà fin prêt à affronter les ardeurs de Phoebus.

En entrant dans Rorschach, je découvre l'horreur. Malgré l'absence d'ombre, je m'arrête, dépose mon sac à dos, en sors l'appareil photo et fige la honte.

Rorschach

Comment peut-on - au XXI siècle - persister à ce point dans la mutilation des cours d'eau?

De plus, ces atrocités sont accompagnées de conseils technico-scientifiques de spécialistes du génie civil. Je suis conscient qu'il est difficile de gérer des problèmes comportant plus de trois paramètres et pour détourner la difficulté on les réduit, depuis longtemps, comme on réduirait un tableau de Maître à trois pixels pour l'étudier. Pas étonnant qu'ils se rebiffent, les cours d'eau!

Mais ce n'est pas tout. Comme promis, il me faut poursuivre ma réflexion d'hier.

Deux sujets m'interpellent:

Dans la nature, les êtres vivants exercent leurs activités en dépensant un minimum d'énergie. Voyez la truite en train de chasser, les buses se jouant des courants aériens...

Depuis que l'homme a moins à fournir lui même l'effort physique pour survivre, il dilapide les énergies sans réserve. Exemple: pour effectuer un déplacement identique, il faut évidemment plus d'énergie pour un objet de cinq tonnes qu'un de deux-cent kilogrammes. Par ailleurs, la vitesse est devenu synonyme de puissance. Pour déplacer un groupe de personnes, une petite embarcation et un croiseur n'auront pas le même impact sur l'environnement naturel et humain.

Pour être le meneur d'un groupe - comme les autres animaux - nos lointains ancètres devaient se montrer plus fort et plus intelligents que les autres. Par le combat des reines, les vaches valaisannes établissent la hiérarchie de leur troupeau. Les loups obtiennent même le privilège de la reproduction. Leur démonstration de force les positionne à un niveau plus élevé que les autres.

Il y a pourtant une différence fondamentale entre nos ancètres et nos frères contemporains. Pour les premiers, les compétences sont mises à l'épreuve régulièrement. Pour les seconds, l'usage d'accessoires leurre sur les capacités réelles. Nous nous mentons à nous-mêmes comme aux autres. Ainsi, il n'est plus indispenssable d'être le meilleur pour mener le groupe. Il suffit de se positionner visuellement au-dessus des autres, que ce soit en 4x4 ou en croiseur...

08:43 Publié dans Général | Lien permanent | Commentaires (1)

Commentaires

Voilà plusieurs années que tu prends quelques semaines pour marcher dans notre merveilleux pays.
Cette année, par l’intermédiaire de ce blog, nous pouvons suivre ton périple et tes réflexions.
Chaque jour je prends un moment pour te lire et mon cœur se remplit à chaque fois d’une immense fierté.
Je suis si content que tu sois sur ta route. Celle qui te donne le courage de te battre pour ce en quoi tu crois. Te battre pour cette terre nourricière, te battre pour les rivières qui ont bercé ton enfance.
Longtemps, j’ai été jaloux de cette nature qui me volait mon père le temps d’un coup du soir car je ne le comprenais pas. Mais, aujourd’hui tout est clair comme l’eau d’une source pure. Ces rivières, ce sont elles qui te donnent une énergie vitale à ton bien-être. C’est un peu comme si tu étais né dedans, comme si tu appartenais à leur monde si étrange pour moi.
On doit tous trouver notre chemin et tu l’as trouvé. Merci de l’avoir trouvé et ainsi éclairé mon sentier.

Ton fils

Écrit par : Boris | 17/07/2007

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