22/08/2007

Poissons et pollution


Qui n'a pas déjà entendu des pêcheurs faire allusion à une baisse des prises à cause d'un lac devenu trop propre? Des rivières, dont l'eau n'est plus suffisamment propre, qui se dépeuplent?
Patiemment, la nature a mis en place un système dans lequel chaque être vit au travers d'un autre en le condamnant, en se nourrissant de ses rejets ou de son cadavre. Tout ceci dans un équilibre subtil. Du minéral à l'animal en passant par le végétal, rien n'est inutile. Que l'un vienne à manquer ou se trouver en excès et voilà tout le système perturbé, recherchant son équilibre.
La pollution engendrée par les humains a commencé à devenir un problème majeur avec la croissance démographique. Le système, recherchant à absorber cette surabondance, va favoriser à son tour un développement compensatoire. Cette croissance peut nous paraître positive, mais c'est une vision à court terme. Car cette surabondance induit d'autres déséquilibres.
Il est vrai qu'à la sortie des égouts on peut rencontrer, jusqu'à un certain point, une vie abondante. Cette situation des rejet direct des eaux usées dans les cours d'eau et dans les plans d'eau était celle qui régnait encore dans les années soixante. La charge augmentant avec la population, elle a rapidement montré ses limites. N'oublions pas que la nature recherche toujours son équilibre. Une situation d'abondance n'est que passagère, elle précède généralement un effondrement. Une eau devenant eutrophe court à l'asphyxie, la décomposition des espèces en fin de vie étant grosse consommatrice en oxygène.
La mise en service des stations d'épuration a permis de limiter un apport trop important en fertilisants issus de chacun d'entre nous. Mais elles sont pour l'instant dans l'incapacité de rendre assimilable l'ensemble des composés chimiques que nous rejetons (médicaments, cosmétiques, produits d'entretien, etc.…). Nos connaissances des comportements des composés chimiques libérés dans le milieu naturel sont dérisoires.
Je vous vois venir, vous allez me dire que j'oublie l'agriculture et l'industrie. Non je ne les oublie pas. Ils ont chacun une part importante de responsabilité.
Je pense pourtant qu'il faut aussi considérer la responsabilité de la finance. Cette dernière n'a qu'un objectif: des gains les plus importants et le plus rapidement possible. Elle pousse l'industrie à mettre rapidement de nouveaux produits sur le marché et à moindres coûts. La pression économique ne motive pas l'industrie à se préoccuper des conséquences. Que ce soit lors de la fabrication ou après la diffusion. Seul le rendement financier à court terme compte! Il faut satisfaire les actionnaires! Lorsque des problèmes apparaissent, on commence par les nier, puis semer le doute en utilisant toutes sortes de prétextes aussi malhonnêtes les uns que les autres. Pendant que le temps passe, l'argent rentre. Il n'y a qu'à voir le temps qu'il a fallu pour que les problèmes liés au tabagisme soient reconnus alors que l'industrie du tabac les connaissait depuis longtemps.
L'agriculture, poussée par le jeu d'une concurrence technocratique (OMC) et du profit rapide, ne tient que très rarement compte des conséquences environnementales. Elle est grande consommatrice d'eau et de produits chimiques "engrais et produits phytosanitaires", contribuant ainsi largement au déséquilibre.
Dans ce jeu du court terme, un seul groupuscule en tire profit en manipulant, incitant, mettant sous pression. Le chef d'orchestre de cette partie macabre est nommé "la Finance".
Nous tous avons aussi notre part de responsabilités. En abandonnant les objets devenus inutiles dans la nature. Tel le pêcheur qui laisse choir la boîte qui a contenu les amorces, le bout de fil avec ou sans plombs. Chaque activité de plein air possède son lot de "gougniafiers" qui ne peuvent s'abstenir de laisser des traces de leur passage. Consommateurs, ne nous comportons pas en marionnettes, soumises aux signaux du marché. Le choix de l'achat devrait se faire après réflexion.
Il est grand temps de prendre en considération dans le prix d'un produit, les coûts environnementaux et sociaux sur le long terme.
Les effets des agents pollueurs sont bien présents : disparitions d'espèces, modifications génétiques et j'en oublie. Il faut garder à l'esprit que nous appartenons au règne animal, nous sommes en bout de chaîne. Et les effets observés chez nos frères animaux nous touchent aussi.

22:48 Publié dans Général | Lien permanent | Commentaires (0)

13/08/2007

Vie en eau douce

Pendant ma remontée du Rhin, de nombreux sujets ont eu l'opportunité de refaire surface à plusieurs reprises. Les interrogations portent principalement sur l'état de nos cours d'eau. D'autres thèmes, plus généraux, ont surgi aussi.
Je prendrai la Versoix comme référence, car c'est la rivière que je côtoie plus spécifiquement. Ceci n'exclut pas d'autres cours d’eau.

Début de la seconde moitié du XX ème siècle.

Environnement dulcicole.
Faire une montée et rentrer bredouille est rare, pour ne pas dire exceptionnel. En descendant vers la rivière pour le coup du soir, mon père m'instruit qu'il fut un temps où des pêcheurs professionnels s'activaient dans la haute Versoix. A l'aide de barques, ils relevaient régulièrement les filets avec de nombreuses prises.
Parvenu au bord de l'eau je vois des oiseaux au long bec courbe,en picorant ça et là en marchant sur les herbiers qui émergent.
La présence d'épreintes fraîches sur une touffe est là pour témoigner du passage récent d'une loutre. Hélas cette reine des cours d'eau est en voie de disparition. Le mustélidé est chassé car il fait concurrence au seul super-prédateur qui s'attribue tous les droits et toutes les possessions. Une autre cause de sa disparition pointe à l'horizon, pour l'instant on n’en a pas encore conscience, la pollution.
Le soleil descend vers le Jura. Sa présence en cette fin de journée stimule les dernières éclosions d'éphémères de la journée. Elles sont en nombre impressionnant, rassemblées et forment de vrais nuages qui montent et descendent dans un ballet parfaitement orchestré. Les truites gobent de tous côtés. La chance que mon imitation choisie soit prise est bien faible. Le jeu est inégal face à ces arthropodes aux ailes finement nervurées, à l'abdomen aux motifs délicats. Ces amas font le bonheur des hirondelles, filant au raz de l'eau.
Dans la zone rivulaire et sous la chaleur des derniers rayons de soleil, les plécoptères terminent leur métamorphose. Les femelles fécondées ne tardent pas à prendre leur premier envol avant d'entamer le dernier voyage, celui dévolu à la reproduction. Elles se posent sur tout perchoir potentiel. Le pêcheur se voit ainsi fréquemment envahi.
Du soleil, il ne reste qu'un segment circulaire fondant rapidement et le voilà englouti par le Jura.
C'est la période des trichoptères. Près de la rive, ils émergent en masse. Aidés de leurs longues pattes, ils glissent sur l'eau et regagnent la berge. Instant de vulnérabilité pour ces phryganes. Agape céleste pour les salmonidés. Les premiers gobages parviennent à mes oreilles. De grosses truites se sustentent en toute discrétion. La nuit tombe. Mon attention est à son comble. Il faut discerner entre les nombreux "plocs" ceux qui trahissent la présence de la grosse "mami". Je suis à l'affût des moindres bruits, aidé des pâles rayons d'une lune gibbeuse jouant à cache-cache avec les nuages.
En arrivant à la maison, après moins de dix kilomètres, mon père doit nettoyer le pare-brise de la voiture couvert de cadavres d'insectes.

À l'aube du XXI ème siècle.
Faire une montée et rentrer bredouille est coutumier. Même les loutres ne prélèvent plus de truites. Il y belle lurette qu'elles ont déserté les lieux.
Avec un petit filet placé en travers du courant, à divers niveaux, en remuant le fond, tournant les pierres, raclant les piles de ponts ou les gros blocs de cailloux, j'espère prélever des spécimens d'hexapodes à l'état nymphal ou émergeant.
Mon constat est affligeant.
Les plécoptères ne se posent plus sur le pêcheur. Ils ont déserté cette eau.
Les éphémères sont rares et plusieurs espèces ont disparu. Fini les amas dansant au-dessus de la surface.
Les trichoptères sont trop clairsemés pour alerter les farios.
Au coucher du soleil, j'ai beau tendre l'oreille. Si, par miracle, un "ploc" ou l'onde née d'un gobage se fait remarquer, il ne se renouvellera pas.
En rentrant, je n'ai pas de pare-brise à nettoyer. Rares sont les insectes qui voltigent autour des candélabres. Les araignées n'ont plus de raison de tisser leur toile, leur gibier manque.

Qu'est-ce qui explique ces changements ?
Pollutions, modifications hydromorphologiques, industrialisation, pression démographique, prédation (de l'homme ou d'autres espèces), agriculture.
Pour quelles raisons a-t-on tant tardé à réagir.
Je considère que le phénomène n'est pas l'œuvre d'une seule cause.

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03/08/2007

Propre en ordre

Une Suisse propre en ordre

Il n'est pas toujours facile de conserver des cours d'eau propres, malgré l'utilisation généreuse de produits de nettoyage (photo 1). Les pierres que la nature n'a pas su ordonner, ne rendent pas hommage à notre bannière.
Ce cours d'eau (photo 2) est apte au service, il est aligné, couvert. Reste quelques végétaux qui ont eu l'outrecuidance de s'installer aux abords du conduit ou même dedans.
On voit ici que le maître d'œuvre sait tirer profit des expériences passées. L'alignement est conforme, l'entretien est facilité (photo 3). Je peux lui suggérer de garnir le fond et les berges de catelles. Le nettoyage en sera ainsi grandement facilité. L'avantage de ces plaques de céramique est d'empêcher tout squat par diverses espèces vivantes, animales et végétales.

photo 1                               photo 2photo 3

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