21/10/2007

Remonte

À chaque promenade le long de la Versoix je scrute le lit de la rivière en espérant voir une de ces grosses truites lacustres. Pourtant, je le sais bien, les conditions ne sont pas requises, le niveau d'eau étant au plus bas.
Mon imagination me dépeint toutes ces truites prêtes à affronter le courant. Elles sont là. Elles attendent le signal, celui que la rivière leur donnera.
Pour que la rivière puisse annoncer le moment de la migration, il faut que l'esprit de la pluie daigne se réveiller et déverser le précieux liquide en abondance. Les rivières peuvent grossir, entraînant dans leur descente une multitude de particules et d'organismes troublant l'eau et c'est à l'abri des regards humains que le signal du départ est annoncé.
Les lacustres vont se battre contre le courant, vaincre les obstacles. Dans cette lutte pour transmettre la vie, elles seront accompagnées par quelques fario.
Longtemps paralysées dans leur migration par de nombreux barrage que l'homme a édifié pour son usage, sans égards pour les occupants de ces lieux. Les entraves érigées sur le parcours Suisse de la Versoix ont été contournées par la construction de passes à poissons. D'importants travaux sont encore à venir pour permettre aux ombres de monter et se reproduire dans cette eau.
Pour l'instant, je me contente de sonder la rivière et ses canaux dans l'espoir de voir quelques truites ou ombres. La bise joue avec la pellicule de surface qu'elle frise, par vagues successives en me renvoyant des éclats de lumière. Ces conditions ne facilitent pas mon observation.
Canards, harles bièvre, cincles plongeurs, bergeronnettes et un martin-pêcheur qui, par son cri, m'a annoncé sa visite. Ces volatiles m'ont démontré une fois de plus qu'il est plus aisé d'observer des oiseaux que des poissons.
Avant de terminer ma promenade j'ai la chance de contempler une truite chassant dans le canal des Usiniers.

 

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08/10/2007

La chevrette

Ce samedi matin, sept heures trente je roule sur un long rectiligne. Mon attention se porte sur une voiture immobilisée sur le côté opposé. Les occupants ont traversé et observent je ne sais quoi ou qui. Je laisse ralentir mon cageot tout en jetant des regards furtifs dans le champ se trouvant sur ma droite.
Soudain je vois une petite tête brune. Un peu plus loin j'immobilise ce qui me sert à me déplacer. Les personnes me font comprendre que l'animal a été touché par une voiture.
C'est une chevrette, elle tente de se relever mais son arrière-train ne la porte plus. J'appelle les gardes tout en m'écartant de manière à ne pas accroître son stress.
Bientôt la vie la quittera. Toute la journée je pense à ce frêle cervidé. J'ai du mal à accepter cette mort. L'endroit est dégagé et celui qui l'a heurtée n'a même pas eu la décence de s'arrêter.
Quelques jours plus tard, c'est un brocard que les gardes transportent. Mort sur la route aussi. Nos voies de communication, non contentes d'être des obstacles, y prélèvent un lourd tribut.
Le long d'un autre rectiligne, boisé celui-ci, récemment les bornes ont été équipées d'un dispositif permettant d'informer les animaux de la venue d'un véhicule.
Il est, certes, plus facile d'apprendre les règles de la circulation à nos frères à quatre pattes qu'au bipède que nous sommes.

 

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