03/02/2008

La Belle Brune

Ah mais quel plaisir j'ai à te contempler. Il me faut ruser, patienter, me cacher. Comme par magnétisme, à chacune de mes sorties je me dirige vers le lieu où j'ai le plus de chance de t'apercevoir. Ta robe brune te sied à merveille, tout en te permettant de te fondre dans le décor. Je ne compte plus le nombre de fois où, en m'apercevant tu est partie te dissimuler.
Emporté par l'envie de contempler de plus près cette élégante silhouette, je me surprends à descendre un talus. accroupi, mesurant chacun de mes pas. Ils sont lents, aucun mouvement n'est entrepris sans qu'il soit analysé. Cette approche à pas comptés, interminable m'émoustille. L'arbre que j'ai pris comme objectif pour me dissimuler du regard de la belle est tout proche. Je marque une pause avant les derniers pas. Trois ou quatre minutes passent, je reprends ma progression. Me voilà en position. Reste à placer ma tête à la division de l'arbre, mais mes yeux ne sont pas au sommet du crâne. Il me faut encore me hisser avec précaution. Instant crucial et oh combien déterminant. De lui dépend bonheur ou déception.
L'instant tant attendu arrive, je scrute l'espace qui s'ouvre, mais celle que je suis venu contempler n'est pas au rendez-vous. Ma patience est mise à rude épreuve. A la faveur de cette attente, je peux enfin la contempler, elle avance en ondoyant, elle est là devant moi, à quelques mètres. Je suis transporté sur un petit nuage. Elle se joue du courant, surfe en prenant appui sur les remous, disparaît de ma vue avec l'aide des turbulences de surface. Par moments, la truite se laisse glisser vers le fond puis elle descend, accompagnant l'eau sur quelques brasses avant de remonter se faire bercer par les flots, juste à l'amont de sa frayère.
Plusieurs jours d'affilée, cette belle truite brune est venue à notre rendez-vous avant de regagner le Léman.

21:49 Publié dans Général | Lien permanent | Commentaires (3)

Commentaires

Bonsoir Jean-Pierre,
plonger dans ta prose comme dans un océan de rêves, y puiser la force de s'attaquer aux tâches quotidiennes est devenu, au fil des mois, un besoin impératif.
Tes textes me permettent de te découvrir autrement. Ils me confirment le jeune homme que j'ai rencontré il y a plus de 40 ans.
Chacun de tes billets me submerge d'émerveillement.
Tes talents, si longtemps méconnus, se découvrent de jour en jour.
Mon admiration pour toi n'a pas de limites et s'étend à nos trois fils.
Continue ton chemin avec confiance et bonheur

Écrit par : Leni | 04/02/2008

Mon cher JP,
Lorsque, je lis vos écrits, je crois toujours voir « dans » vous un manque incroyable d’affection, c’est peut-être ce qui vous véhicule autant de rêves. Je trouve vos écrits tellement beaux ! Dommage de ne pas les écrire à une ….. Je suis sûre qu’elle pourrait tellement s’émerveiller que son monde devienne à la hauteur de vos écrits.
En lisant, la belle brune, j’ai endossé un instant sa belle robe et j’ai voyagé tout au long de la rivière, j’ai vécu un instant en votre compagnie en lisant vos écris, et, je me suis laissée aller dans le courant pour rejoindre le Léman ou j’aime passer le plus grand de mon temps chaque été pour contempler les vagues en écoutant les clapotis contre les bateaux amarrés. Continuez d’écrire mon cher JP, faite nous rêver ! Sofia

Écrit par : sofia | 05/02/2008

Mon cher JP, je vois q'en vieillissant tu te fais draguer, fais attention si tu es marié ... Moi, juste pour cela je vais me faire un blog ...

Écrit par : Max | 11/02/2008

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