18/02/2008

Nuit claire

Comment ne pas profiter de cette belle fin de semaine d'août. J'entraîne femme et enfants pour partager très égoïstement deux jours de pêche. Nous chargeons la voiture de tout ce dont il nous faut pour passer la nuit à la belle étoile, sans oublier de quoi satisfaire nos estomacs. Les portes se ferment, le moteur est mis en action et voilà maintenant le paysage défile. Après quelques dizaines de minutes, nous atteignons l'objectif. Nous nous répartissons les charges et parcourons deux à trois encablures avant de nous installer.
Je laisse là mon épouse et nos deux fils et, cannes à la main, je rejoins en aval le point de départ de la partie de pêche.
Je commence par observer les insectes qui volent sur l'eau avant de fixer l'artificiel le plus ressemblant. Je scrute la surface à la recherche d'une truite en activité de chasse.
En tête d'un radier un rond se forme. Mon attention se mobilise, j'attends que se réitère l'onde caractéristique. La truite est à table, elle vient régulièrement happer les éphémères entraînées par le courant. Mon imitation a pris la bonne trajectoire, elle ne va pas tarder à traverser le territoire surveillé par la fario. La tension monte. Le cœur accélère ses battements, ma main serre la poignée de la canne. A l'instant fatidique, voilà que ma mouche quitte sa docile descente, elle forme derrière elle un sillon funeste, elle drague. La truite vient de comprendre qu'il y a danger, elle cesse de se nourrir un instant et, par la suite, ma mouche est refusée systématiquement. De trous en radier, j'arrive à portée de vue de ma petite famille. Mes fils viennent vers moi en courant et m'accompagnent sur le dernier tronçon.
Ma femme a préparé le repas du soir. Les garçons ont récolté le bois pour le feu. Ensemble nous allons chercher quelques pierres pour circonscrire le foyer. A présent, les deux frères forment un tipi de brindilles et de petites branches sèches. Je devine leur envie d'allumer le feu. Quelques recommandations d'usage et je leur propose de craquer l'allumette. Au bout de leurs petits doigts, une flamme portée par le bâtonnet qui vient d'être frotté est jetée à la base du cône de branches. La flamme danse et menace de s'éteindre, alors Boris et István se mettent à souffler et le feu reprend de la vigueur.
Nous mangeons et bavardons tout en écoutant le crépitement du bois qui brûle. Leni est la première à voir l'étoile du berger. A leur tour, les enfants scrutent le ciel, instaurant ainsi le jeu de qui voit une nouvelle étoile. La fréquence d'apparition devient telle que l'on se met à découvrir des motifs, ceux des constellations. Ils se fait tard, ma femme et le cadet se glissent dans leurs sacs de couchage. L'aîné a encore envie de prolonger ce moment magique. Alors, profitant de la lueur des flammes et de la lune, nous rangeons le camp, parlons de choses et d'autres. A notre tour, nous nous glissons dans nos sacs de couchage et contemplons la voûte céleste. Quelques nuages courent devant l'astre de la nuit, alors mon fils inquiet me demande : est-ce qu'il va pleuvoir?
Très sûr de moi, je lui explique que la pluie n'est pas pour cette nuit, le ciel est trop clair, il faudra attendre demain dans la journée et je termine par : maintenant il faut dormir !
Je ferme les yeux et dans la minute qui suit, une goûte d'eau termine sa course sur mon visage. Au travers de mes paupières, des flashs de lumière avec des grondements lointains qui résonnent. Éclairs et tonnerre se font plus fréquents et me signalent que l'orage approche rapidement.
Je me lève, Boris aussi. Je lui demande de prendre ses effets, je réveille ma femme et István que je pose sur mes épaules. Nous ramassons tout et au pas de course nous rejoignons la voiture. L'orage est violent sur le chemin du retour. Des routes sont inondées.
Ils est deux heures du matin, nous arrivons à la maison. Je pense que cette fin de semaine restera dans nos mémoires.

06:46 Publié dans Général | Lien permanent | Commentaires (2)

Commentaires

Et comment que je m'en souviens, de ce jour... un magnifique souvenir !

Istvan

Écrit par : Drakho | 18/02/2008

Je me souviens que lorsque nous sommes revenu le lendemain sur le lieu de notre "nuit", l'âtre était encore chaud. Après quelques souffles d'air et un peu de bois sec trouvé sous un arbre les flammes ont refait leur apparition. Que de bons souvenirs.
Il n'y a pas si longtemps je suis repassé près du lieu. Quel bel endroit chargé de souvenirs.

Écrit par : Boris | 22/02/2008

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