10/08/2008

Remonte estivale

Revenant de promenade avec Carex je crois voir, au loin, une truite sauter. Je ne peux y croire ! pas en cette saison ! Une semaine plus tard, un monsieur me dit avoir vu bondir un grand poisson hors de l'eau. Il écarte ses mains de manière à représenter la taille approximative de ce membre de la famille des actinoptérygiens. La longueur ainsi représentée est d'environ septante centimètres. Ma réfutation n'a plus de raison, j'ai bien aperçu une truite au-dessus des flots.
Quelques jours plus tard, descendant le sentier en direction de la rivière, canne à mouche en main, bottes aux pieds, je regarde l'eau bouillonnante. Subitement, un trait surligne l'onde, une magnifique truite bondit entre deux sommets de vagues.
Plus une seconde à perdre, je fais demi-tour, troque mon matériel de pêche contre le matériel photo et me rends à l'endroit où le salmonidé s'est élancé hors du liquide. Je ne tarde pas à voir une caudale qui fend l'eau et une silhouette se faufilant furtivement sous les remous de surface. Est-ce Salmo trutta lacustris qui entame sa migration et combien sont-elles ? Une, deux, trois ou plus? Je n'en ai aucune idée.
Le voleur d'images est fixé sur son trépied, l'objectif dirigé dans le secteur où l'activité me semble la plus probable, mon doigt positionné sur le déclencheur.  Je n'ai pas à patienter longtemps pour voir des dos qui émergent. Quand survient un saut magnifique, l'index enfonce le bouton de prise de vue. Ce petit jeu reprend à plusieurs reprises. Admiratif et impatient de voir sauter les belles à la robe mouchetée, j'oublie le réglage de distance. Sur les quatre-vingts images prises, seules trois sont conservées.
Le lendemain, dix heures je m'installe confortablement dans un fauteuil pliant, un parapluie est planté en terre. Cet accessoire doit préserver le matériel d'une pluie annoncée. A ma droite l'appareil photo est réglé, positionné, le doigt est sur le déclencheur, le pouce obstrue l'œilleton de visée, l'attente commence. Les heures s'égrènent, c'est le calme plat. Le soleil poursuit sa course, déplace les zones d'ombre et de clarté. Il est quinze heures, j'ai l'impression de me trouver sur les bords d'une piscine, pas même le vol d'une éphémère.
Le jour suivant, les nuages se retirent lentement, quelques truites se montrent en fin de journée, mais la lumière n'est plus suffisante pour prendre les photos. Encouragé, je décide de revenir après la nuit. Ainsi, à neuf heures trente, je me retrouve fin prêt avec en plus la caméra pour faire un bout de film en plus des photos. Le temps passe et après six heures d'attente, je range tout mon matériel, mon chien qui s'est aménagé un petit nid se lève et m'emboîte le pas, nous rentrons. Je reviens une heure plus tard avec le minimum d'objets et vais poursuivre mon observation. Cent-cinquante minutes s'écoulent. Rien !
Les derniers jours de la semaine, sont dévolus à l'attente. Je ne compte plus les heures, avec les yeux qui scrutent la veine d'eau qui se précipite, s'émulsionne, le mélange avec l'air lui donne une couleur blanche qui étincelle sous le soleil. Mon attention est plus intense au niveau des premières vagues. Le fond est aussi observé lorsque les remous me le permettent. Il me faudra attendre la fin de la semaine pour repérer un dos qui traverse une dépression et admirer à deux reprises une truite de mesure effectuer un saut alors qu'une grosse lacustre glisse devant moi comme pour me dire "au revoir".

22:16 Publié dans Nature | Lien permanent | Commentaires (2)

Commentaires

Salut JP,

Eh oui, c'est très beau tout cela, mais il va falloir penser à la rentrée. N'oublies pas la séance de rentrée du vendredi 22 août. Il faudra certainement signer la feuille des présences ... Bonne fin de vacances et à bientôt ! Ne trouves tu pas que les vacances passent de plus en plus vite avec notre vieillissement ?

Écrit par : cheval | 12/08/2008

Dans une semaine : au BOULOT ...

Écrit par : cheval | 15/08/2008

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