20/08/2008

Défaillance cérébrale

Avez-vous déjà remarqué qu'en dissimulant le jouet d'un bébé, jusqu'à l'âge de 8-10 mois, derrière son dos, il se met à pleurer, ou s'en désintéresse. Car pour lui l'objet qu'il ne peut voir n'existe plus.
Mais à ma grande surprise, j'observe fréquemment des bipèdes qui physiquement n'ont rien du tout petit et qui considèrent pourtant  nombre d'objets qu'ils ont placé hors de leur vue immédiate comme inexistant.
Faut-il en conclure que ce type d'humain n'a pas évolué depuis sa naissance ou est-ce lié à une défaillance cérébrale? Même si l'éducation a fait défaut, il me semble que la plus élémentaire réflexion devrait suffire.
Reprendre avec soi la boîte, la bouteille ou la canette ne semble pas un problème. D'autant moins, que son contenu a été consommé et que le réceptacle est bien moins pesant, son volume peut être réduit excepté pour la bouteille en verre. Et n'oublions pas que les matériaux qui enveloppent les produis de consommation peuvent être revalorisés par la récupération.
De ce noir constat, il y a plus inquiétant: quand certains individus jettent derrière leur habitation toutes sortse d'objets. Aujourd'hui, j'y ai même trouvé un caddyi " neuf " de grand magasin comme l'atteste l'image.

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10/08/2008

Remonte estivale

Revenant de promenade avec Carex je crois voir, au loin, une truite sauter. Je ne peux y croire ! pas en cette saison ! Une semaine plus tard, un monsieur me dit avoir vu bondir un grand poisson hors de l'eau. Il écarte ses mains de manière à représenter la taille approximative de ce membre de la famille des actinoptérygiens. La longueur ainsi représentée est d'environ septante centimètres. Ma réfutation n'a plus de raison, j'ai bien aperçu une truite au-dessus des flots.
Quelques jours plus tard, descendant le sentier en direction de la rivière, canne à mouche en main, bottes aux pieds, je regarde l'eau bouillonnante. Subitement, un trait surligne l'onde, une magnifique truite bondit entre deux sommets de vagues.
Plus une seconde à perdre, je fais demi-tour, troque mon matériel de pêche contre le matériel photo et me rends à l'endroit où le salmonidé s'est élancé hors du liquide. Je ne tarde pas à voir une caudale qui fend l'eau et une silhouette se faufilant furtivement sous les remous de surface. Est-ce Salmo trutta lacustris qui entame sa migration et combien sont-elles ? Une, deux, trois ou plus? Je n'en ai aucune idée.
Le voleur d'images est fixé sur son trépied, l'objectif dirigé dans le secteur où l'activité me semble la plus probable, mon doigt positionné sur le déclencheur.  Je n'ai pas à patienter longtemps pour voir des dos qui émergent. Quand survient un saut magnifique, l'index enfonce le bouton de prise de vue. Ce petit jeu reprend à plusieurs reprises. Admiratif et impatient de voir sauter les belles à la robe mouchetée, j'oublie le réglage de distance. Sur les quatre-vingts images prises, seules trois sont conservées.
Le lendemain, dix heures je m'installe confortablement dans un fauteuil pliant, un parapluie est planté en terre. Cet accessoire doit préserver le matériel d'une pluie annoncée. A ma droite l'appareil photo est réglé, positionné, le doigt est sur le déclencheur, le pouce obstrue l'œilleton de visée, l'attente commence. Les heures s'égrènent, c'est le calme plat. Le soleil poursuit sa course, déplace les zones d'ombre et de clarté. Il est quinze heures, j'ai l'impression de me trouver sur les bords d'une piscine, pas même le vol d'une éphémère.
Le jour suivant, les nuages se retirent lentement, quelques truites se montrent en fin de journée, mais la lumière n'est plus suffisante pour prendre les photos. Encouragé, je décide de revenir après la nuit. Ainsi, à neuf heures trente, je me retrouve fin prêt avec en plus la caméra pour faire un bout de film en plus des photos. Le temps passe et après six heures d'attente, je range tout mon matériel, mon chien qui s'est aménagé un petit nid se lève et m'emboîte le pas, nous rentrons. Je reviens une heure plus tard avec le minimum d'objets et vais poursuivre mon observation. Cent-cinquante minutes s'écoulent. Rien !
Les derniers jours de la semaine, sont dévolus à l'attente. Je ne compte plus les heures, avec les yeux qui scrutent la veine d'eau qui se précipite, s'émulsionne, le mélange avec l'air lui donne une couleur blanche qui étincelle sous le soleil. Mon attention est plus intense au niveau des premières vagues. Le fond est aussi observé lorsque les remous me le permettent. Il me faudra attendre la fin de la semaine pour repérer un dos qui traverse une dépression et admirer à deux reprises une truite de mesure effectuer un saut alors qu'une grosse lacustre glisse devant moi comme pour me dire "au revoir".

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05/08/2008

Rivières d'Uri

Ce sont les rivières Uranaises qui, cette année, m'ont accueilli pour une escapade en famille. Quatre jours sont prévus. Nous partons en train, destination Altdorf. Sur place, une voiture est réservée avec laquelle nous parcourons une quinzaine de kilomètres pour arriver à l'hôtel.
L'arrivée dans le chef-lieu d'Uri est trop tardive pour aller chercher le permis de pêche. Qu'à cela ne tienne, demain est aussi un jour et nous en profiterons pour venir visiter la ville. Le lendemain, la petite ville est en ébullition: préparation des festivités de la fête nationale. C'est jour férié et « Umweltschutz », le service délivrant les permis, est fermé. Changement de programme, ce sera promenade et baignade.Notre petite fille est ravie.
Le soir venu, je téléphone à Ruedi, un grand pêcheur de ce canton alpin, berceau de la Suisse. Il me rassure. Demain, nous pouvons obtenir l'indispensable sésame dans un magasin de pêche. La dite boutique sera notre lieu de rendez-vous.
Samedi, ma femme, ma petite fille et Carex m'accompagnent à Flüelen. De là, la petite troupe me quitte et emprunte la voie Suisse direction chapelle de Tell.
Ruedi est à l'intérieur d'un petit chalet qui fait office de magasin de chasse et pêche. Nous discutons un instant et je décide de ne pas prendre de permis, mais d'aller observer les rivières. Certes, je ne vais pas voir tous les cours d'eau, une journée n'y suffit pas. Mais mon guide me propose de me faire connaître rivières et torrents qu'ils affectionnent particulièrement. Le paysage est grandiose et les truites ne manquent pas. Les conditions de vie dans ces eaux froides sont rudes et une truite de vingt-trois centimètres peut avoir six ans. Ruedi m'apprend que les truites atteignant les trente-cinq centimètres sont très rares.
DSC_2056.jpgAfin de bien me rendre compte du cheptel piscicole, il lance la cuillère avec douceur et précision sous le surplomb d'une pierre, le long de la berge et tout en la ramenant lentement, il la laisse dériver dans le courant. Les lancers sont courts, mais presque tous sont suivis d'un poisson et les attaques sont franches. Nous remontons ainsi, sur une centaine de mètres, chaque cours d'eau visité. Dans chacun d'eux, j'ai le plaisir d'assister au moucheronnage d'un grand nombre de truites et à de belles éclosions de d'éphémères. En arrivant au dernier secteur de notre visite, il m'annonce que là, il gardera les deux truites promises à sa femme. Les deux prises  ne tardent pas et font bonne mesure.Tout en parcourant les rives des affluents de la Reuss, j'observe de multiples bras parallèles, zones de reproduction par excellence. Je remercie Ruedi de m'avoir fait découvrir ses coins. Pour sûr, je vais revenir muni du permis.DSC_2050.JPG
Dimanche, en famille, nous parcourons deux tronçons de la voie Suisse « Genève et Jura », avant de prendre le bateau pour aller visiter la prairie du Grütli et terminer la journée par une baignade, très appréciée par cette chaude journée. Lundi, retour à Genève Eloise est heureuse de retrouver sa maman, pour papa ce sera plus tard, travail oblige. Pour nous trois, il nous reste à reprendre un train qui nous conduit à Versoix où le chien s'empresse d'aller boire et faire quelques pas dans sa rivière, alors que mon épouse et moi regardons l'avance des travaux avant de rentrer.

 

Travaux sur la Versoix http://gallery.me.com/jpmoll 

15:53 Publié dans Nature | Lien permanent | Commentaires (5)