27/01/2009

juin 1928

En cette fin de semaine de juin 1928, une belle journée s'annonce. Robert, 8 ans, se réjouit car il sait qu'avec son père ils vont aller se promener au bord du lac pendant que maman prépare le repas dominical. Oui, il aime à se rendre sur les quais, marcher sur les rives du plan d'eau, non pour y admirer les bateaux, mais pour regarder les pêcheurs! Des heures durant, il reste à les regarder attraper toutes sortes de poissons. Ah, qu'il aimerait pouvoir, lui aussi, prendre des poissons. Son père aimerait bien faire plaisir à son fils, mais les fins de mois sont difficiles.
De retour à la maison, la table est mise. Une fois de plus, maman a fait des miracles. Tous trois se retrouvent devant une assiette garnie et là, l'enfant raconte sa promenade matinale avec une passion particulière pour ces pêcheurs. Avec frénésie il décrit formes et couleurs de ces vertébrés aquatiques. Observant fiston, Joséphine décide d'en parler à l'un de ses frères.
Juillet est chaud et les précipitations, même timides, sont rares. Presque tous les jours, Robert se rend vers les débarcadères, sur les enrochements. Il observe et enregistre chaque geste des pêcheurs. Arrive le jour de son anniversaire et, oh merveille, oncle Hyacinthe lui fait cadeau d'une canne, une dizaine d'hameçons, quelques plombs et un fin bouquet de catgut. Les yeux du gamin brillent de mille feux de plaisir et son oncle lui propose de  lui acheter ses futures prises. Malgré son jeune âge, l'enfant sait ce que cela représente. Son père est un artisan graveur, amoureux du travail précis et soigné. Il n'a pas le goût du commerce,  l'argent du ménage a du mal à rentrer.
Le lendemain matin de bonne heure, canne en main et matériel en poche, Robert s'engage en direction des Eaux-Vives. En chemin, il fait une petite halte pour extraire de terre quelques lombrics. Arrivé au bord de l'eau, il attache à l'extrémité de la canne une longueur de cordonnet, prélevé dans la boîte à couture de sa mère. Il  lui ajoute un brin de catgut. Il lui reste à fixer l'hameçon et ce n'est pas chose facile. Il a bien observé les pêcheurs qui fixaient l'extrémité du fil à la hampe de l'hameçon en ligaturant les deux objets avec du fil. Grâce à la boîte à trésors de maman, Robert peut armer sa canne convenablement. Quand tout est monté, il n'y a plus que le ver à enfiler sur le crochet métallique. Mais il se débat, le bougre ! C’est encore un tour de main qu'il va falloir maîtriser.
Le petit animal au corps mou est plongé dans l'eau et là, une longue attente commence, c'est l'apprentissage de la patience.

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Commentaires

Salut JP,

Oui, effectivement je suis un de tes collègues de l’école de mécanique qui t’apprécie toujours pour le sérieux que tu mets dans ton travail depuis tant d’années ! Un jour, tu va me découvrir et tu seras surpris par découverte … Alors après ces vacances bien méritées, à lundi, en pleine forme !

Écrit par : cheval | 12/02/2009

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