06/08/2010

Remontée de l'Inn à pieds, d'un Kirchdorf à l'autre

Kirchdorf am Inn bei Obernberg à Kirchdorf am Inn bei Simbach am Inn

Réveillé à six heures, je me prépare tranquillement. Mise en route après le petit déjeuner, il est sept heure trente. Comme la pluie est annoncée importante dès midi, je décide de marcher cinq heures d'une traite, tout en mesurant ma vitesse. Ainsi, à midi et demi, la plus grande partie du chemin sera faite. Tout au plus, je ferai une heure sous la pluie.

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Au début de l'étape, j'observe un lapin de garenne, trois lièvres et un brocard. En longeant  la rivière, je relève les aménagements piscicoles faits d'arbres placés en travers, de gros blocs de pierres diversifiant les courants et vraisemblablement une ancienne chute forment une succession de rapides. En traversant ce cours d'eau, j'ai le plaisir de contempler quelques belles pièces qu'il m'est difficile de définir avec certitude dans cette eau d'un brun roux et légèrement chargée.

Suit une longue marche sur une digue. Les berges n'ont rien de naturel, mais les turbineurs, comme tous bon vendeurs,  présentent leur retenue comme un riche biotope. Oui, on concentre de nombreuses espèces. Surtout des oiseaux, tel des cygnes, des foulques et d'autres variétés que l'on peut observer en d'innombrables contrées sur un espace où l'observation est facile.

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Mais on oublie totalement les espèces tributaires de ces lieux avant que le cours d'eau subisse ces mutilations. Et il y en a que l'on ne retrouvera plus.

À midi trente, j’arrive à Simbach am Inn comme prévu. Il est temps d’étancher ma soif et de manger un morceau. Mais c'est avant tout d'eau dont mon gosier attend le passage.

Par chance, il ne pleut pas. Alors, en route pour cette dernière heure (au maximum).

C'est sans compter sur quelques lubies qui me passent par la tête.5.jpg

 

Je vois sur la carte un sentier, exclusivement pédestre celui-ci, qui va me permettre de joindre le même point sans accroître la distance et qui plus est, il passe dans les bois près de l'Inn.

Je passe un petit pont repéré sur la carte et pénètre dans le sous-bois. Le chemin est mal marqué. Il se divise; j'opte pour celui dont la trace est la plus nette. Au sol, des empreintes d'ongulés et bien vite, le passage n'est plus celui du bipède. Retour sur mes pas. Je fais le point au GPS, contrôle la direction à prendre avec la boussole et en route.

Même topo.

J'insiste et ne tarde pas à me trouver dans une vraie jungle. Après quelques jurons, me voilà le long de l'Inn. Nouveau contrôle de position. Le chemin doit se trouver parallèle à la rivière, dix à vingt mètres plus loin. Je cherche et après bien de la transpiration, je trouve un cheminement sur un sol couvert de petites herbes fines. Je m'y engage et me retrouve sur les rives de ma belle Dame.3.jpg

Ce sentier est celui de pêcheurs qui se déplacent entre deux postes avant de reprendre leur embarcation.

Cette fois, ma décision est prise, il me faut rejoindre le petit pont du départ.

Je brasse dans cette végétation de zone humide. Les orties sont bien présentes comme le lierre. Les arbres morts compliquent le déplacement. Me voila étendu à plat ventre, accueilli par les orties. Mes avant-bras se colorent en orange par de nombreuses pustules et les poils semblent danser la gigue. D'expérience, cela durera plusieurs heures.

J’atteins ma destination du jour après de nombreux efforts et plus de deux fois le temps qu' il m’aurait fallu normalement.

La pluie en a eu assez de m'attendre à faire le guignol. Elle accompagne les deux derniers kilomètres.

Me voila à l'hôtel. Reprise du rituel de nettoyage. Lorsque j’arrive aux dents, je me trompe de tube et les brosse avec la pommade pour les pieds.

En lisant la composition de la pommade dont l’urée fait partie, je me suis demandé s’il était  bien judicieux de me charger de ce poids-là et s’il n’était pas plus simple de me pisser sur les pieds au lieu de me brosser les dents avec l’urine de je ne sais qui.

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