27/08/2010

Remontée de l'Inn à pieds

Mils bei Imst à Faggen


J'ai bien dormi. Petit-déjeuner copieux et vaste choix. C’est le système grande surface et une fois son plateau servi, passage à la caisse, pesage du bol de céréales avec fruits et yaourt, ma tasse de café m'est remise et en échange je paie avec le bon de la nuit.
En grinçant, mes jambes se mettent en mouvement. À droite, c'est le haut qui se plaint et expérience faite, cela dure une demi-matinée, le bas de la gauche se lamente et le fera toute la journée. Rien à faire.
Le paysage me plaît. La rivière ne semble pas avoir subi les outrages de l'homme. 2.jpg
Elle se coule entre deux parois de rochers, dans son lit de gros blocs sur lesquels le liquide vient buter avant de contourner l'obstacle. J'imagine sans peine la diversité de milieux: zones de repos, de chasse, de protection de reproduction et cela pour chaque espèce et toutes classes d'âge.
À l'approche de Landeck, les murs font leur réapparition pour disparaître à nouveau un à deux kilomètre en amont de la localité. L'Inn rugit, joue à saute-mouton, se tient tranquille derrière un repli comme si elle participait à une partie de cache-cache. Soudain, elle hurle d'horreur en sautant d'un barrage alors qu’en amont, la rivière ralentit sa course, inquiète de ce qui l'attend. Car Madame Pluie lui a laissé entendre qu'après le passage de cette barrière, son cours deviendrait un vrai corbillard. On ne compte plus les poissons déchiquetés. Très rares sont les survivants et généralement, ils ne peuvent survivre de leurs blessures. Mais pourquoi cela ?  interroge la rivière...

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Pour te soutirer ton énergie et en gaspiller le tiers pour le moins! C’est ainsi que les humains se croient supérieurs.
Aujourd'hui j'arrive de bonne heure avec très peu de précipitations, juste de quoi sortir mon parapluie. Et comme je l’ai oublié à la pharmacie de Landeck, je suis contraint d'y retourner. Vingt minutes de marche dont je me serai bien passé. Lessive des pantalons en plus car, curieux, j'emprunte un chemin dans lequel les passages répétés de chars ont creusés deux traces parallèles dans la roche. Avec l'humidité, le chemin est glissant. j'avance avec prudence. Pour rejoindre le sentier, il faut descendre quelques marches d'escalier faites de grosses poutres issues d'arbres de la région. Je m'attends à ce que le passage soit périlleux, pose un pied et contrôle l'adhérence. La surface est comme savonnée. Avec toute l'attention qu'il se doit je pose l'autre pied sur la seconde marche. Le coefficient de frottement est des plus faibles. Jusque-là, la situation est maitrisée. Au moment où je libère mon appui de la première marche, je ne conçois pas avec quelle vitesse peuvent se descendre des marches d'escalier. Je vous assure, je n'ai pas réussi à les compter, mais le gain de temps n'est pas certain car il faut se relever et avec le sac au dos, j’ai l’air d’une tortue. Il faut mettre les quatre pattes en position, la charge dessus et hop!

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