30/08/2010

Remontée de l'Inn à pieds de

Guarda à La Punt-Chamues-ch

Après une très mauvaise nuit, je n'ai pas réussi à m'endormir avant quatre heures et à six heures trente je ne dormais plus. Ce n'est pas le souper qui n'a pas passé, mais le prix du coin à dormir: nonante-et-un francs pour une minuscule chambrette, sans commande d'éclairage ni lampe proche du lit. Qu'il n'y ait pas de télévision ne me gène pas et dans aucun des hôtels précédents je ne l'ai allumée. Autre élément d'irritation, si j'ai choisi cet établissement c'était pour la liaison internet. Aucun réseau de ma chambre même pas pour téléphoner. Décidément, l'hôtellerie Suisse offre des prestations lamentables au regard du tarif.

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Je débute ainsi une longue journée de marche. Onze heures sans les pauses. J’espère atteindre Madulain.
Le sentier est beau, les dénivelés plus doux que ceux du jour précédent, mais plus long. Hélas, je suis souvent loin de l'Inn. Par moments, elle se montre en contre-bas, sans se laisser entendre. Avec leur chapeau fauve, les bolets guident mes pas. Tout en relativisant les troubles qui ont perturbé ma nuit, je mesure mon avance par les hameaux et les villages dépassés. Le temps passe et expérience faite j'oublie le wiffi et dès seize heures je débute la recherche d'un lieu où passer la nuit. Je passe des lieux où les hôtels sont inabordables, un écriteau indique «Zimmer frei» et il y a un numéro de téléphone. Alors, sac à terre, je sors le combiné mobile et tape les nombres les uns après les autres. La tonalité retentit, une, deux, trois fois et la voix laissée sur l'enregistreur me répond en anglais que la personne n'est pas là et me prie de rappeler plus tard. Et si je patiente en vain ou c'est complet, je dors où? Je décide de passer au prochain groupement de maisons. Toujours sans succès. Je dépasse l'étape initialement prévue. Enfin à La Punt-Chamues-ch, je trouve un hôtel et entre demander s’ils ont des chambres pour une nuit et une personne. La réponse et positive. L'employée me communique le prix. Je demande de me répéter, pas certain d'avoir bien compris. Elle répète, voyant que je n'ai toujours pas bien compris, elle me montre le nombre. Asseyez-vous!  Sur la carte il y a dans l'ordre les chiffres 260.- et ceci pour une nuit et un lit. Je réponds que ce prix est trop élevé pour ma bourse, mais peut-elle m'indiquer si, dans les environs proches, il y a un garni ayant des prix plus à ma portée. Deux cents mètres plus haut à gauche, ils ont des chambres. Rassuré, je la remercie et me dirige vers ce bâtiment, il a l'écriteau «Zimmer», mais en lieu et place de «frei» il y a «besetzt». Mon espoir s'envole. J'envisage de tendre mon hamac entre deux arbres et de me glisser dans le sac de couchage que je promène depuis quinze jours en prévision. Mes pieds continuent de me faire avancer tout en me faisant comprendre qu'ils en ont marre. Je rencontre une dame en train de ranger la terrasse d'un débit de boisson attenant à un terrain de sport. Je lui raconte les déboires de mes recherches et l'interroge si elle sait où je peux trouver une chambre pour une nuit. Elle me donne une adresse, mais comme la gauche et la droite ne peuvent se comprendre, je ne trouve l'endroit. Je traverse le pont, entre dans une pizzeria et repose la même question. La serveuse désigne une maison, je m'y dirige, frappe à la porte. Un homme apparaît dans l'encadrement de sa porte, il prête l'oreille et me répond qu'il aimerait bien satisfaire ma demande, mais que toutes les chambres sont occupées. Me voyant dépité, il propose de téléphoner à une dame qui met des chambres à disposition sans en faire de publicité. j'accepte et il appelle cette personne. Il me confirme en souriant qu'il y a une chambre et que l'on m'attend. Je le remercie et retraverse le pont, cherche les points significatifs et trouve la maison. La porte est ouverte et une femme se lève et vient à ma rencontre s'assurer que je suis bien la personne qui a été annoncée. J'ai à disposition une jolie chambre, douche et toilettes sur l'étage. Une douche glacée pour mes pieds, ils sont heureux, et de l'eau moins froide pour le reste du corps. Je me change et c'est au tour de l'estomac de recevoir son dû. Reste une envie terrible et qui a beaucoup de mal à attendre, elle consiste à rejoindre les bras de Morphée.

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