20/09/2007

Paroles d'odeurs

Ce soir je me suis rendu à la pêche dans l'espoir de revivre un de ces coups du soir d'antant.
Je regarde le soleil descendre à la rencontre du Jura, se glisser entre deux sommets de manière à faire un dernier clin d'oeil au Léman. Il s'écoule paisiblement pour ne laisser qu'un fin secteur rouge avant de disparaître.
Ephémères et trichoptères ont attendu cet instant transitoire qui voit les couleurs mûrir avant de jouer avec les gris. Cet instant éphémère est celui choisi par nos insectes pour se retrouver par nuées à danser au dessus de l'eau. Ballet promesse de vie et annonciateur  de mort, mais aussi de festin. Moment de ripaille pour les truites.
Les premiers gobages vifs ne tarderont pas à devenir discrets. C'est celui des truites qui ont de l'expérience. Elles se nourrissent avec calme, sûreté. Les mouvements sont précis et aussi limités que possible.
Mon ouïe est à l'affût de ces succions. Mes yeux scrutent la moindre onde à la surface de l'eau.
Mais ce n'est ni le timbre ni la direction attendu qui capte mon attention. Dans mon dos, un bruissement de roseaux qui se frôlent. Pourtant ce n'est pas le vent qui les agite. Un léger grognement mobilise tous mes sens. Les roseaux bougent. De petits souffles surgissent de là où se balance le carex. Je me baisse lentement tout en conservant une vision totale dans la direction des bruits et des mouvements.
Mon cœur se met à battre, non de peur mais de bonheur. Ma respiration cesse. A huit pieds et demi, une longueur de canne, vient de surgir une harde de sangliers. Des femelles, des bêtes rousses et une vieille laie.
La laie relève le groin, renifle l'air. Elle émet quelques petits grognements et voilà toute la petite troupe qui fait demi-tour. Une fois qu'ils ont disparu de ma vue, c'est la laie qui détale à son tour. Elle ma senti et fait mettre tout le clan à l'abri avant de les rejoindre.
Je les imite à renifler l'air. C'est peut-être pour mieux reprendre mon souffle. L'image de cet instant se grave dans ma mémoire.
La nuit a pris ses quartiers. Il est temps pour moi de rentrer. Aucun trichoptère, pas plus d'éphémère et aucun gobage. Qu'à cela ne tienne, cette rencontre m'a comblé.

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09/09/2007

Hydromorphologie


Ce n'est pas d'aujourd'hui que l'on porte des modifications à nos cours d'eau. Ils ont subi des corrections du tracé, restrictions du lit, déviations, aménagements de plans d'eau et captages. Les Romains ont effectué des ouvrages importants en construisant des canaux et autres aqueducs, conduisant tout ou partie d'un cours d'eau en d'autres lieux. Une partie de l'eau de la Versoix était utilisée pour alimenter Nyon. Les usagers profitaient ainsi d'une eau claire et fraîche.
La force de l'eau était utilisée pour moudre le grain, battre le fer. La fabrication du papier et des indiennes fait un large usage de l'eau. On en retrouve de nombreux vestiges le long des ruisseaux, rivières et fleuves.
La mécanisation nous permet de sculpter à notre guise l'espace et le tracé d'écoulement, avec plus d'aisance et plus rapidement. Nous sommes persuadés de notre suprématie. La nature se doit d'être à notre botte.
Mais il ne faut pas oublier qu'à chaque action correspond une réaction qui peut mettre du temps avant de se manifester. La nature vit à son rythme, bien plus lent que le nôtre. Mais tôt ou tard dame nature fera tout pour retrouver son équilibre.
L'occupation des sols au détriment des cours d'eau n'est pas sans conséquences. Les rivières perdent leur pouvoir d'hébergement de la faune aquatique. Le manque d'espace ne permet plus d'absorber les crues. La vitesse prise par l'eau sur les tronçons rectilignes donne à l'eau une énergie cinétique dévastatrice. Drainage et imperméabilisation ne permettent plus au sol de jouer son rôle d'éponge et de filtre. Lors de précipitations l'eau est rapidement conduite vers les cours d'eau, emportant par la même occasion nombre de produits qui ne leur sont pas destinés. Quelques jours de sécheresse et voilà qu'il faut prélever dans les rivières pour satisfaire l'arrosage.
Les barrages construits sans autres considérations que le profit ont anéanti un nombre important de cours d'eau. Les marnages issus des retenus et lâchers d'eau en fonction des besoins des producteurs d'hydroélectricité détruisent la vie aquatique. Cette énergie n'est pas écologique. Elle est encore renouvelable. Jusqu'à quand?
Il est heureux de voir quelques belles réussites de renaturation. Ces travaux sont encore trop rares, mais il est permis de rêver.
Peut-être verra-t-on un jour des entrepreneurs prendre en compte tous les effets collatéraux à leurs projets.

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22/08/2007

Poissons et pollution


Qui n'a pas déjà entendu des pêcheurs faire allusion à une baisse des prises à cause d'un lac devenu trop propre? Des rivières, dont l'eau n'est plus suffisamment propre, qui se dépeuplent?
Patiemment, la nature a mis en place un système dans lequel chaque être vit au travers d'un autre en le condamnant, en se nourrissant de ses rejets ou de son cadavre. Tout ceci dans un équilibre subtil. Du minéral à l'animal en passant par le végétal, rien n'est inutile. Que l'un vienne à manquer ou se trouver en excès et voilà tout le système perturbé, recherchant son équilibre.
La pollution engendrée par les humains a commencé à devenir un problème majeur avec la croissance démographique. Le système, recherchant à absorber cette surabondance, va favoriser à son tour un développement compensatoire. Cette croissance peut nous paraître positive, mais c'est une vision à court terme. Car cette surabondance induit d'autres déséquilibres.
Il est vrai qu'à la sortie des égouts on peut rencontrer, jusqu'à un certain point, une vie abondante. Cette situation des rejet direct des eaux usées dans les cours d'eau et dans les plans d'eau était celle qui régnait encore dans les années soixante. La charge augmentant avec la population, elle a rapidement montré ses limites. N'oublions pas que la nature recherche toujours son équilibre. Une situation d'abondance n'est que passagère, elle précède généralement un effondrement. Une eau devenant eutrophe court à l'asphyxie, la décomposition des espèces en fin de vie étant grosse consommatrice en oxygène.
La mise en service des stations d'épuration a permis de limiter un apport trop important en fertilisants issus de chacun d'entre nous. Mais elles sont pour l'instant dans l'incapacité de rendre assimilable l'ensemble des composés chimiques que nous rejetons (médicaments, cosmétiques, produits d'entretien, etc.…). Nos connaissances des comportements des composés chimiques libérés dans le milieu naturel sont dérisoires.
Je vous vois venir, vous allez me dire que j'oublie l'agriculture et l'industrie. Non je ne les oublie pas. Ils ont chacun une part importante de responsabilité.
Je pense pourtant qu'il faut aussi considérer la responsabilité de la finance. Cette dernière n'a qu'un objectif: des gains les plus importants et le plus rapidement possible. Elle pousse l'industrie à mettre rapidement de nouveaux produits sur le marché et à moindres coûts. La pression économique ne motive pas l'industrie à se préoccuper des conséquences. Que ce soit lors de la fabrication ou après la diffusion. Seul le rendement financier à court terme compte! Il faut satisfaire les actionnaires! Lorsque des problèmes apparaissent, on commence par les nier, puis semer le doute en utilisant toutes sortes de prétextes aussi malhonnêtes les uns que les autres. Pendant que le temps passe, l'argent rentre. Il n'y a qu'à voir le temps qu'il a fallu pour que les problèmes liés au tabagisme soient reconnus alors que l'industrie du tabac les connaissait depuis longtemps.
L'agriculture, poussée par le jeu d'une concurrence technocratique (OMC) et du profit rapide, ne tient que très rarement compte des conséquences environnementales. Elle est grande consommatrice d'eau et de produits chimiques "engrais et produits phytosanitaires", contribuant ainsi largement au déséquilibre.
Dans ce jeu du court terme, un seul groupuscule en tire profit en manipulant, incitant, mettant sous pression. Le chef d'orchestre de cette partie macabre est nommé "la Finance".
Nous tous avons aussi notre part de responsabilités. En abandonnant les objets devenus inutiles dans la nature. Tel le pêcheur qui laisse choir la boîte qui a contenu les amorces, le bout de fil avec ou sans plombs. Chaque activité de plein air possède son lot de "gougniafiers" qui ne peuvent s'abstenir de laisser des traces de leur passage. Consommateurs, ne nous comportons pas en marionnettes, soumises aux signaux du marché. Le choix de l'achat devrait se faire après réflexion.
Il est grand temps de prendre en considération dans le prix d'un produit, les coûts environnementaux et sociaux sur le long terme.
Les effets des agents pollueurs sont bien présents : disparitions d'espèces, modifications génétiques et j'en oublie. Il faut garder à l'esprit que nous appartenons au règne animal, nous sommes en bout de chaîne. Et les effets observés chez nos frères animaux nous touchent aussi.

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13/08/2007

Vie en eau douce

Pendant ma remontée du Rhin, de nombreux sujets ont eu l'opportunité de refaire surface à plusieurs reprises. Les interrogations portent principalement sur l'état de nos cours d'eau. D'autres thèmes, plus généraux, ont surgi aussi.
Je prendrai la Versoix comme référence, car c'est la rivière que je côtoie plus spécifiquement. Ceci n'exclut pas d'autres cours d’eau.

Début de la seconde moitié du XX ème siècle.

Environnement dulcicole.
Faire une montée et rentrer bredouille est rare, pour ne pas dire exceptionnel. En descendant vers la rivière pour le coup du soir, mon père m'instruit qu'il fut un temps où des pêcheurs professionnels s'activaient dans la haute Versoix. A l'aide de barques, ils relevaient régulièrement les filets avec de nombreuses prises.
Parvenu au bord de l'eau je vois des oiseaux au long bec courbe,en picorant ça et là en marchant sur les herbiers qui émergent.
La présence d'épreintes fraîches sur une touffe est là pour témoigner du passage récent d'une loutre. Hélas cette reine des cours d'eau est en voie de disparition. Le mustélidé est chassé car il fait concurrence au seul super-prédateur qui s'attribue tous les droits et toutes les possessions. Une autre cause de sa disparition pointe à l'horizon, pour l'instant on n’en a pas encore conscience, la pollution.
Le soleil descend vers le Jura. Sa présence en cette fin de journée stimule les dernières éclosions d'éphémères de la journée. Elles sont en nombre impressionnant, rassemblées et forment de vrais nuages qui montent et descendent dans un ballet parfaitement orchestré. Les truites gobent de tous côtés. La chance que mon imitation choisie soit prise est bien faible. Le jeu est inégal face à ces arthropodes aux ailes finement nervurées, à l'abdomen aux motifs délicats. Ces amas font le bonheur des hirondelles, filant au raz de l'eau.
Dans la zone rivulaire et sous la chaleur des derniers rayons de soleil, les plécoptères terminent leur métamorphose. Les femelles fécondées ne tardent pas à prendre leur premier envol avant d'entamer le dernier voyage, celui dévolu à la reproduction. Elles se posent sur tout perchoir potentiel. Le pêcheur se voit ainsi fréquemment envahi.
Du soleil, il ne reste qu'un segment circulaire fondant rapidement et le voilà englouti par le Jura.
C'est la période des trichoptères. Près de la rive, ils émergent en masse. Aidés de leurs longues pattes, ils glissent sur l'eau et regagnent la berge. Instant de vulnérabilité pour ces phryganes. Agape céleste pour les salmonidés. Les premiers gobages parviennent à mes oreilles. De grosses truites se sustentent en toute discrétion. La nuit tombe. Mon attention est à son comble. Il faut discerner entre les nombreux "plocs" ceux qui trahissent la présence de la grosse "mami". Je suis à l'affût des moindres bruits, aidé des pâles rayons d'une lune gibbeuse jouant à cache-cache avec les nuages.
En arrivant à la maison, après moins de dix kilomètres, mon père doit nettoyer le pare-brise de la voiture couvert de cadavres d'insectes.

À l'aube du XXI ème siècle.
Faire une montée et rentrer bredouille est coutumier. Même les loutres ne prélèvent plus de truites. Il y belle lurette qu'elles ont déserté les lieux.
Avec un petit filet placé en travers du courant, à divers niveaux, en remuant le fond, tournant les pierres, raclant les piles de ponts ou les gros blocs de cailloux, j'espère prélever des spécimens d'hexapodes à l'état nymphal ou émergeant.
Mon constat est affligeant.
Les plécoptères ne se posent plus sur le pêcheur. Ils ont déserté cette eau.
Les éphémères sont rares et plusieurs espèces ont disparu. Fini les amas dansant au-dessus de la surface.
Les trichoptères sont trop clairsemés pour alerter les farios.
Au coucher du soleil, j'ai beau tendre l'oreille. Si, par miracle, un "ploc" ou l'onde née d'un gobage se fait remarquer, il ne se renouvellera pas.
En rentrant, je n'ai pas de pare-brise à nettoyer. Rares sont les insectes qui voltigent autour des candélabres. Les araignées n'ont plus de raison de tisser leur toile, leur gibier manque.

Qu'est-ce qui explique ces changements ?
Pollutions, modifications hydromorphologiques, industrialisation, pression démographique, prédation (de l'homme ou d'autres espèces), agriculture.
Pour quelles raisons a-t-on tant tardé à réagir.
Je considère que le phénomène n'est pas l'œuvre d'une seule cause.

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03/08/2007

Propre en ordre

Une Suisse propre en ordre

Il n'est pas toujours facile de conserver des cours d'eau propres, malgré l'utilisation généreuse de produits de nettoyage (photo 1). Les pierres que la nature n'a pas su ordonner, ne rendent pas hommage à notre bannière.
Ce cours d'eau (photo 2) est apte au service, il est aligné, couvert. Reste quelques végétaux qui ont eu l'outrecuidance de s'installer aux abords du conduit ou même dedans.
On voit ici que le maître d'œuvre sait tirer profit des expériences passées. L'alignement est conforme, l'entretien est facilité (photo 3). Je peux lui suggérer de garnir le fond et les berges de catelles. Le nettoyage en sera ainsi grandement facilité. L'avantage de ces plaques de céramique est d'empêcher tout squat par diverses espèces vivantes, animales et végétales.

photo 1                               photo 2photo 3

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29/07/2007

La gamelle

Je me souviens encore comme si c'était hier, de ce jeudi de mars 1961. Le jour n'est pas encore levé et déjà, sur le faux plat entre Bellevue et Versoix, à côté d'un ami de pêche, pleins d'entrain nous avançons, lui sur son vélo-solex et moi sur l'ancien vélo de mon père. Tout le matériel nécessaire a trouvé sa place dans les diverses poches de la veste, les grandes bottes sont aux pieds et la canne est attachée sur le cadre du vélo ou plantée dans une botte pour l'autre Jean-Pierre sur son Solex. Arrivés à la douane, nous appuyons nos cycles, le long d'un mur.
Un coup d'œil sur la rivière et déjà, dans nos têtes, défilent les rêves les plus fous. Nous y voyons des truites énormes et si nombreuses que l'on pourrait traverser la rivière à pieds secs.
Nous commençons par traverser un champ couvert de neige mouillée, relevons nos grandes bottes avant de pénétrer les hautes herbes et d'atteindre la rivière. Quelques flocons de neige s'unissent à une timide pluie. La partie de pêche commence. Chacun explore méticuleusement coulées, sous berges, radiers, trous profonds et le périmètre de chaque herbier.
Il est dix heures déjà. Nous avons "dépommé", nous ne rentrerons pas bredouille. La pluie commence à avoir raison de nos vestes. Mais il en faut plus pour interrompre une partie de pêche.
Soudain, mon ami ferre une belle truite. Il la manœuvre habilement en évitant qu'elle se sauve dans un herbier ou qu'elle aille se glisser entre les branches d'un arbre couché dans la rivière. La fario met toute son énergie pour regagner sa liberté. Vient le moment de la conduire dans l'épuisette. La belle à points rouges est amenée à l'amont de l'épuisette, il ne reste plus qu'à la laisser glisser. Soudain c'est le départ, aucun choc. Elle est à nouveau libre. Ramenant sa ligne avec rage et moult jurons, mon ami ne peut que constater la rupture de l'hameçon.
Une pause casse-croûte s'impose et va permettre d'évacuer ces émotions. Pain humide, fromage, saucisson une goûte de thé chaud. Je regarde les nuages qui ondoient le long du Jura, dissimulant la montagne et occultant le manteau de neige qui la couvre.
Vers les seize heures, nous mettons un terme à cette belle journée. Le matériel est rangé, les grandes bottes repliées. Le moteur du Solex tourne, j'enfourche mon vélo et départ. De la douane au pont de l'autoroute en construction, il y a une petite montée. Après avoir franchi le sommet, en pleine descente, dépassant mon ami, je lui lance "je prends un peu d'avance, tu me rattraperas". La pluie qui tombe mouille mes pantalons, seule partie encore sèche. Je déteste pédaler avec les pantalons mouillés. Alors je décide de relever mes bottes. Je tends ma jambe gauche en avant en tirant sur le haut de la botte, puis dans la suite du mouvement, je replie mon genou vers le haut. Au passage, le genou accroche le guidon "parisien". Le vélo part en travers, se redresse brutalement pour pour se placer à l'horizontale avec en appuis la pédale et mon coude gauche. Cela va très vite et c'est long à la fois. Le tout (le vélo et moi) nous nous immobilisons à quelques centimètres d'un poteau télégraphique. Un de ces poteaux en bois brun foncé, goudronné sur le bas. Je suis groggy. Mon ami me demande "ça va". Je lui réponds "merde, le vélo est foutu et la canne". Il me répond " juste la dynamo dans les rayons". On la repositionne et c'est reparti, tranquillement. Au village de Commugny on s'arrête à l'auberge pour prendre une boisson chaude et se remettre de ses émotions.
À l’intérieur, je retire ma veste. Oh, elle est déchirée. Pire! le pullover a un trou! Le pull tricoté par ma mère! Qu'est-ce que je vais prendre. Il y a aussi la chemise. Le coude sanguinolent se trouve à l'air. Autour d'une table voisine un groupe de travailleurs de l'autoroute. C'est alors qu'un ouvrier me lance "mais p'tit t'as un trou au coude". Conscient que cela ne concerne plus mes vêtements, je m'exclame "un trou"... et plus rien. Un instant plus tard, je reprends mes esprits et me trouve allongé sur une table de la cuisine. En revenant à moi, trois paires d'yeux m'observent: la patronne et ses deux filles, certainement charmantes, mais je n'ai pas le coeur à lutiner. Mon coude est pansé, ces aimables personnes me réconfortent. Mon ami a téléphoné à mes parents et m'informe que mon père vient me chercher.
Arrivé à la maison, voyant mon pull-over, ma mère me reçoit fraîchement puis, à la vue de mon coude, elle s'empresse de faire appel à une voisine infirmière. La voisine arrive et annonce à ma mère "il faut aller le faire recoudre". Là, tout change ma mère pâlit et envisage de faire appel à un taxi. L'infirmière, plus pratique, s'oppose en remarquant que la marche me fera le plus grand bien.
Mon coude recousu, avant guérison totale, me fera vivre encore quelques mésaventures .

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23/07/2007

De Rueras à Oberalppass


La journée n'est pas comme les autres. C'est en principe la dernière. Je côtoie cette branche du Rhin au point que le vénérable me présente ses truites. Ces salmonidés à la robe constellée de points noirs et rouges. La belle sauvage n'a pas son pareil pour la chasse. Elle attrape une larve de trichoptère trop confiante en son camoufflage. Voilà qu'une éphémère se pose un bref instant. Il n'en faut pas plus pour être gobée. Une nymphe, emportée par le courant, passe à proximité et subit le même sort.
Le sentier prend rapidement de la hauteur, m'éloigne du Rhin, sans que je le perde totalement des yeux.
La montée rhythme ma respiration. Malgré un ciel menaçant, une bruine légère et un petit vent frais, ma transpiration charge mon T-shirt et quelques gouttes salées tombent de mon front. Oh, rien à voir avec les heures de marche en plein dian sur les digues.
Pas à pas je me rapproche de mon but, encore un effort, je sens la source là, toute proche, ce que me confirme l'altimètre.
Soudain la voilà. Je m'assois et sens monter en moi comme un subtil mélange de bien-être, de bonheur, de confort intérieur avec un zeste de mélancolie. Des larmes humidifient mes yeux. J'aurais du mal à parler. Cela n'a pas toujours été facile, mais quel bonheur. Je me relève et parcours l'une de ses rives, monte voir un petit frère quelque hectomètres plus haut. Puis direction Oberalppass. C'est le retour.
Ces billets et cette randonnée n'auraient pu se faire sans le constant soutien de mon épouse, restée dans l'ombre et qui, le soir venu, sachant ma position, me dégotait un hôtel et m'y guidait patiemment, supportant mes moment d'humeur. Une fois mon petit ménage terminé, l'estomac satisfait et les ablutions accomplies, je lui envoyais le billet tapé sur le téléphone mobile (c'est pas pratique du tout), elle effectuait sa remise en forme afin qu'il puisse paraître le jour même.
Les encouragements de mes fils dont le courriel de l'un d'eux qui m'a ému.
Le commentaire d'un ancien élève et autres lecteurs et amis m'ont également fait très plaisir.
Qu'ils en soient tous remerciés.
Ma randonnée étant terminée, la parution des billets reprend son rythme de croisière.

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22/07/2007

De Surrein à Rueras


Au petit déjeuner, le patron me demande si les violents coups de tonnerre durant la nuit ne m'ont pas empêché de dormir. Ma réponse est que le sommeil m'a rapidement emporté et, à part quelques grondements lointains,  seul les chants des cours d'eaux libres ont accompagné mes rêves.

 


Le ciel est encore sous sa cape couleur de plomb. De très fines gouttes tombent. Est-il nécessaire de mettre ma pèlerine? Je ne perçois pas les gouttes d'eau sur mon corps. Mes mains en geste d'imploration détectent un timide embrun. Rien ne m'incite à sortir cette cape cirée que je promène. Restera-t-elle inutillisée à tout jamais?
Ma route se poursuit, longeant l'une des branches de ce vénérable fleuve. Chaque branche débute par le nom de famille suivi du prénom.
Je remonte donc le Rhin Antérieur. Il me fallait bien en choisir un et vivant, de préférence. Que serrait-il advenu si mon choix s'était porté sur le Rhin de Sumvitg.
Mort!
Condamné par un barrage et il n'est pas le seul nouveau-né de sa famille à avoir trépassé ainsi.

 


J'en reviens au Rhin Antérieur.
Vers Disentis Mustér, plus précisément sous Mompé Medel, il pourrait être torentueux dans ses gorges, si on ne l'avait pas privé d'un nombre appréciable de ses cousines "rivières" et cousins "ruisseaux et torrents".

 


Ma marche continue sur un agréble sentier de montagne, souvent boisé où montées et descentes se succèdent. A ce petit jeu, les montées sont gagnantes. Mon étape se termine a Rueras.
Demain la source du Rhin.

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21/07/2007

De Ilanz à Surrein


Les dernières étapes sont limitées aux environs de vingt-cinq kilomètres de manière à profiter un maximum des beautés que dame nature me réserve.

 

Je quitte Ilanz par un sentier boisé, tournant ainsi le dos à une localité bien trop bruyante à mon goût.
Comme une danse, le chemin m'approche puis m'éloigne de cet affluant du Rhin qu'est le Rhin antérieur. Maintenant, je l'entends. Il joue, chante, bavarde, jeune et vif qu'il est, insouciant de ce qui l'attend. Certes, il y a bien ça et là quelques mises en garde, mais il est encore jeune.

 


Peu avant Tavanasa je vois deux pêcheurs à la mouche. Je les observe un instant et partageant la même passion, je rejoins l'un d'entre eux pour échanger quelques mots.


Arrivé à Trun, je fais halte au camping pour m'y sustenter. Dix minutes de marche et le lieu m'invite, je ne peux y résister. Le sac est déposé, la chemise retirée, déposée sur une branche, sèche au vent. Les pieds sont sortis des chaussures et ont quitté les chaussettes. Je remonte les pantalons jusqu'aux genoux. Je prends place sur un gros caillou laissant mes pieds reposer sur le fond et se faire masser par l'eau fraîche du Rhin antérieur. Tout du bonheur, jouissance de bien-être.

 

Le temps passe. Nul besoin d'artifice, je plane, les heures s'écoulent, le soleil décline paisiblement. Il me faut songer à repartir. Lentement je me prépare, comme pour profiter encore un moment de cet instant idyllique.

 

Surrein approche. Encore quinze minutes à marcher. Mais avant, je dois enjamber la Rein da Sumvitg. Je suis impatient, la carte laisse à penser que cette rivière possède un généreux débit. Je vois le pont, n'entend encore rien. Serait-elle paisible?

Mon optimisme baisse d'un cran en y voyant des pelles mécanique dans son lit. En passant sur le pont, je scrute son espace à la recherche du précieux liquide. Je ne décovre qu'un frêle filet anémique. De gros blocs de pierres taillées, cimentés contrôlent ses côtés. Etrange! Je reprends la carte à la recherche d'une explication. La réponcse ne tarde pas. Un barrage détourne son eau ainsi que celle d'autres cours d'eau.

 


C'est attristé que je trouve mon hôtel. Surrein contraste singulièrement avec Ilanz. Ici, tout est calme. Morphée me tend les bras. A demain.


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20/07/2007

De Tamins Reichenau à Ilanz


Parcours très agréable. Celà débute par une montée jusqu'à deux-cent mètres au-dessus du Rhin antérieur. Une vue grandiose sur la vallée sillonnée par ce cours d'eau depuis quinze-mille ans. Les atteintes apportées par l'humain sont relativement modestes sur ce secteur.
Après trois heures de marche avec vue depuis les hauteurs je replonge dans le canyon et c'est sur sa rive droite que je poursuis sa remontée. Il y a bien des blocs de pierre qui ont été déversés. Ils arrivent à se faire discrets au point de passer presque inaperçus.

 


J'arrive à Castrisch et retrouve un mur sur chaque rive. Il y a une carrière, ceci explique probablement celà.

 


Arrivé à Ilanz en fin d'après-midi et avant de me rendre à mon hébergement du soir, je me désaltère sur une terrasse où le bruit du trafic m'agresse de plein fouet.
Une fois dans ma chambre, je profite d'un poste de télévision pour voir quel temps envisage notre météo nationale. J'apprends que de fortes précipitations se sont abattues sur l'Oberland Bernois alors qu'ici tout est sec.
Le plus édifiant pour moi sont les dégats récurrents causés par ces ruisseaux, torrents et nants, que l'homme s'ingénie à placer entre deux murs d'un tracé rectiligne.
Mais l'eau qui circule sur de si belles autoroutes ne peut que se griser par la vitesse. Tout comme avec nos véhicules, le facteur vitesse est déterminant en cas d'accident.
Un cours d'eau libre s'aménage différents lits. L'un pour son régime habituel, un autre pour ses crues annuelles, décennales, tricennales ou centennales.
Pour quelle raison l'homme continue-t-il de bâtir dans la zone de vie des cours d'eau?
Est-ce pour être une victime potentielle ou une simple raison de fric à court terme? En tous les cas, les cours d'eau entre deux murs, sans vie ou presque et qui peuvent devenir dangereux, sont foison.

 


A demain soir.

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19/07/2007

De Sargans à Tamins


Je rejoins les bords du fleuve et je suis accueilli par un lièvre qui gambade devant moi. La journée ne peut pas mieux débuter.
C'est toujours perché sur une digue que se poursuit cette randonée. Landquart se profile au loin. Trente minutes plus tard, m'y voilà. Petite halte à l'entrée de la localité que je contournerai. J'en profite, comme à chaque halte, pour m'abreuver. C'est cinq à six litres d'eau que je consomme par jour.
Je suis tout excité à l'idée de rencontrer le Rhin libre et j'y crois. Ces quelques blocs de pierres, sous peu ne seront plus.
Il me faut déchanter.

La grande illusion La grande illusion


D'autres digues ne tardent pas à se présenter. Elles sont plus petites, déposées depuis de plus nombreuses années et la végétation fait tout son possible pour les dissimuler ce qui me procure l'ombre bienfaitrice. Je continue donc de marcher sur un mur.
Les localités s'égrènent. Entre Coire et Domat Ems la rive droite me permet de rêver un instant.

La rive den-faceLa rive d'en-face 


Ma femme, virtuose d'internet, (il exagère sévèrement, mais sa fatigue l'excuse. lm) m'a dégotté, comme chaque soir, un hôtel. Cela m'évite ainsi une recherche longue et fastidieuse sur place.
Après neuf à dix heures de marche sac au dos, chaque pas supplémentaire fait dans l'incertitude, est pénible.
Alors, après une petite lessive, une bonne douche, un repas, je vous assure que le lit est le bienvenu.
A demain.

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18/07/2007

De Diepoldsau à Sargans


Longue étape.

En préparant cette randonée avec les cartes, je savais que le tracé allant de St.Margreten à Landquart serait long et monotone.

Assurément, sans la compagnie du Vénérable et les histoires de son enfance à nos jours qu'il me conte à l'oreille ainsi que le soutien de mes proches, je n'aurrais pas tenu le coup.
Dix heures sur une digue, sous le soleil tapant, sans ombre et où chaque pas ressemble au précédent et se copie pour le suivant...
Je ne reviendrai pas sur mes opinons concernant le genre de construction réalisée sans vue d'ensemble.
Mais maintenant je vais dormir, mes pieds n'en peuvent plus.

La fournaise  Depuis la digue

Le prisonnier  La cellule

 

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17/07/2007

De Rorschach à Diepoldsau

Les bains de Rorschach Les bains de Rorschach
Un vent venant du large accompagne mes premiers pas de la journée. Ce vent est porteur du message émis par l'eau du vénérable fleuve en guise de soutien avant d'affronter ler ardeurs du soleil, tout au long des interminables lignes droites, dépourvues d'ombre.
Une heure vingt après mon départ, je prends cogé du Bodensee. Je m'arrête pour le regarder encore une fois et le saluer. Il me souffle à l'oreille : "regarde le bout de chemin que nous avons partagé". Je visualise mon point de départ de ce jour, j'aperçois le clocher du jour précédent, je devine encore la localité que j'ai laissé il y a deux jours. Mais je ne peux remonter plus en arrière. Je reçois son message comme un cadeau précieux.
Le relai est repris par le Rhin. "Alter Rhein". Tout de suite, j'imagine, honneur à son âge, qu'il est choyé. Nenni de son eau. On l'a amputé et ce n'est pas pour autant que l'homme en a retiré les murs. Exception faite de ce secteur "renaturé" où un filet d'eau peut sagement se promener. Le but n'étant pas d'admirer le Vénérable, mais de pouvoir observer quelques oiseaux. C'est bien, mais observer la nature en la pixellisant est terriblement réducteur.
A partir de St.Margrethen, ma progression se poursuit au sommet d'une des digues du haut de laquelle j'imagine le Rhin sillonnant cette vaste plaine, sur un lit de galets, offrant ça et là des zones favorables à la vie et son renouvellement.
L'homme n'y voit qu'un espace monnayable. Il lui suffit de contraindre le fleuve dans un espace réduit. Construction d'une première paire de digue. Le Rhin, un jour, a eu envie de revoir ses anciens espaces de jeu qu'il partageait volontiers. Il sortit donc un instant de son enceinte.
Cela n'a pas du tout plu aux humains. Ni une ni deux, ils lui érigent une secode paire de digues.

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16 juillet : Güttingen - Rorschach

16 juillet : Güttingen - Rorschach


Une nuit réparatrice et c'est reparti pour Rorschach. Je rejoins le bord du Bodan que je longe tant bien que mal jusqu'à Romanshorn. Les rives sont desertées par les humains. Un pêcheur revient du lac. Tout semble rentrer dans l'ordre, jusqu'à la prochaine fin de semaine.

Deux heures de marche dont le suprême intérêt est de faire apprécier les nombreux petits présents tels l'ombre fugitive d'un arbre, une goutte de rosée s'évaporant, m'amènent de Romanshorn à Arbon.

 

Au bord du Bodan dans la région dArbon 

 

Ce tronçon longe le bord de la voie ferrée. Un chemin couvert en alternance de gravier ou de bitume et baigné en permanence par les rayons éclatants du soleil. La fournaise, quoi!

Mais toute chose a une fin et, oh privilège, les instants difficiles sont vite oubliés, offrant plus de grandeur aux autres.

Le soleil me brûle. Mon seul objectif étant de remonter un important cours d'eau de Suisse avec plaisir, je décide de faire une pause accompagnée de quelques brasses. La fraîcheur de l'eau me fait le plus grand bien. Me voilà fin prêt à affronter les ardeurs de Phoebus.

En entrant dans Rorschach, je découvre l'horreur. Malgré l'absence d'ombre, je m'arrête, dépose mon sac à dos, en sors l'appareil photo et fige la honte.

Rorschach

Comment peut-on - au XXI siècle - persister à ce point dans la mutilation des cours d'eau?

De plus, ces atrocités sont accompagnées de conseils technico-scientifiques de spécialistes du génie civil. Je suis conscient qu'il est difficile de gérer des problèmes comportant plus de trois paramètres et pour détourner la difficulté on les réduit, depuis longtemps, comme on réduirait un tableau de Maître à trois pixels pour l'étudier. Pas étonnant qu'ils se rebiffent, les cours d'eau!

Mais ce n'est pas tout. Comme promis, il me faut poursuivre ma réflexion d'hier.

Deux sujets m'interpellent:

Dans la nature, les êtres vivants exercent leurs activités en dépensant un minimum d'énergie. Voyez la truite en train de chasser, les buses se jouant des courants aériens...

Depuis que l'homme a moins à fournir lui même l'effort physique pour survivre, il dilapide les énergies sans réserve. Exemple: pour effectuer un déplacement identique, il faut évidemment plus d'énergie pour un objet de cinq tonnes qu'un de deux-cent kilogrammes. Par ailleurs, la vitesse est devenu synonyme de puissance. Pour déplacer un groupe de personnes, une petite embarcation et un croiseur n'auront pas le même impact sur l'environnement naturel et humain.

Pour être le meneur d'un groupe - comme les autres animaux - nos lointains ancètres devaient se montrer plus fort et plus intelligents que les autres. Par le combat des reines, les vaches valaisannes établissent la hiérarchie de leur troupeau. Les loups obtiennent même le privilège de la reproduction. Leur démonstration de force les positionne à un niveau plus élevé que les autres.

Il y a pourtant une différence fondamentale entre nos ancètres et nos frères contemporains. Pour les premiers, les compétences sont mises à l'épreuve régulièrement. Pour les seconds, l'usage d'accessoires leurre sur les capacités réelles. Nous nous mentons à nous-mêmes comme aux autres. Ainsi, il n'est plus indispenssable d'être le meilleur pour mener le groupe. Il suffit de se positionner visuellement au-dessus des autres, que ce soit en 4x4 ou en croiseur...

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15/07/2007

De Steckborn à Güttingen

Ce matin, j'ai quelques craintes: la rosée est abondante, indicatrice d'une journée ensoleillée. Le départ n'est pas aussi matinal que souhaité. C'est dimanche et le village dort. Je le parcours en tous sens. Il me faut mon petit déjeuner! Le temps passe et mon voeux finit par être exaucé.

Les conseil d'un autochtone orientent ma marche sur un sentier ombragé et dominant le Bodan.

Plus tard, je rejoins les abords immédiats du lac par des chemins faciles offrant une alternance d'ombre, toujours bienvenue, avec les ardents rayons de soleil, trop vigoureux à mon goût.

En ce dimanche, le lac de Constance, plein de bonté et en toute modestie offre détente aux plagistes et aux navigateurs.

Je m'interroge alors sur les raisons profondes des différences entre ces bateaux, petits ou gros à moteurs puissants .

Oui pourquoi, l'animal que nous sommes, a-t-il tant besoin d'afficher des différences. Car, à ce que je sache, nous appartenons au règne animal et si je ne m'abuse, nous n'avons que peu de différence génétique avec une certaine mouche.

Une chose est sûre: nous nous sommes définis nous-mêmes comme étant Supérieurs. Là, quelque chose me gène. C'est le modèle qui établit le canon. Nous sommes donc juge et partie.

Oui, mais la science.....

Eh bien oui, ne lui fait-on pas dire un peu ce que l'on veut?

Petit retour en arrière. Il fut un temps où l'être supérieur, "le blanc", pouvait abattre impunément un animal comme lui-même, mais de couleur différente!

A une époque plus proche, un petit homme portant une petite moustache, s'appuyant sur des évidences médico-scientifiques, décrétait que la race supérieure était blonde aux yeux bleus...

Mais les bateaux dans tout cela?

Je vous en parlerai après une bonne nuit. Il me faut être en forme pour ma prochaine étape.


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