14/07/2007

De Schaffhouse à Steckborn

Le chemin est des plus agréable, très facile. Il est tracé sur un mur qui contraint le Rhin à passer où l'homme le tolère. Pas de barrage. En fin de semaine, de très nombreuses embarcations, allant du radeau fait de bric et de broc au bateau transport public en passant par les barques de pêche, naviguent.

Petite halte à Diessenhofen. Je ne doute pas un seul instant, que j'ai, en ce qui concerne l'exercice physique pour la journée, mangé mon pain blanc. Le sentier m'éloigne du vénérable. Je sors du couvert de végétation. La brise fluviale ne me baigne plus. Le soleil m'attend de pied ferme. Les sentiers se muent en route asphaltée.

 

Stein am Rhein

 

Stein am Rhein

 

Stein am Rhein, touristique, mérite le détour. Assoiffé, je m'y désaltère.


Mammern est l'étape prévue. Me sentant en forme je décide de poursuivre. Mal m'en prend. Je me trompe de chemin ce qui accroît singulièrement la distance et le soleil s'en donne à coeur joie.

Exténué, j!arrive enfin à Steckborn.

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13/07/2007

Vendredi 13


Après une bonne nuit, l'étape d'aujourd'hui doit me conduire de Eglisau à Feuerthalen. Rapidement, je dévie de mon itinéraire et décide de marcher sur la rive droite. D'abord, le doute m'assaille. Ai-je fait le bon choix? Le sentier s'éloigne du Rhin. Je consulte la carte et me voilà rassuré il ne tarde pas à rejoindre le vénérable. J'enjambe un cours d'eau dont le nom m'échappe. Dès lors, le chemin me fait prendre de la hauteur. Il ne finit pas de monter. Que veut-il me montrer?

Je débouche en plein vignoble avec une vue sur les Alpes en prime. La nature me fait un cadeau ô combien plus enrichissant que l'Euromillion de ce vendredi 13.

Maintenant, le sentier me ramène sur les berges.

Après m'être désaltéré à Rüdlingen je repars en cherchant la meilleure voie. Un Milan Royal attire mon attention. Il tournoie dans le ciel. Soudain, certain que je l'ai vu, il effectue une longue glissade et émet un cri plaintif, m'indiquant ainsi mon chemin.

A première vue, le Rhin a des berges à l'aspect naturel. Mais la vitesse du courant, trop uniforme et lente, démontre que la main de l'homme a maté les ardeurs du fleuve.

J'arrive dans un secteur "renaturé". Un de ces endroits, où, à grands frais, on essaie de dissimuler les gaffes du passé.

Un bras du vieux Rhin a été reconsidéré tout en le maintenant dans les limites qui nous conviennent. Des tonnes de pierres on été déversées pêle-mêle, offrant ainsi quelques caches à la faune aquatique. Des perches, de nombreux chevaines, quelques gros barbeaux et quatre ou cinq carpes se laissent voir.

Rheinau, je prends place sur une terrasse pour y manger et m'y reposer quelques instants. L'endroit est charmant, les plats bien présentés et j'ai des scrupules à satisfaire la demande de mes pieds. Conssidérant qu'ils fournissent un gros effort, je les sors des chaussures...

De Rheinau aux chutes du Rhin, le fleuve est sous contróle, les berges garnies de gros blocs de pierre y veillent.

La surface de l'eau est couverte d'une mousse blanche. Un bruit nouveau annonce les chutes. Une des merveilles de la nature. La pluie généreuse de ces derniers jours me gratifie d'un spectacle fabuleux. Le débit grossi rend les chutes grandioses.

Schaffhouse se pointe et mon épouse m'avertit que je ne trouverai pas de lit à Feuerthalen. Je décide donc de poser mon sac, de reposer mes pieds et ma tête dans cette petite cité.

 

 

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C'est reparti


Aujourd'hui, ce sera Zurzach - Eglisau. Petite étape, pas de folies. Les pieds sont remis en état et devraient accepter l'épreuve. J'ai opté pour les chaussures de montagne. Elles sont plus lourdes, mais mes pieds les aiment bien. Dans le labeur, il vaut mieux une entente heureuse.

Alors, me revoila remontant le Rhin. Les cabanons des pêcheurs ont fait place aux fortins, vestiges d'une époque peu reluisante, comme tant d'autres et ce n'est pas fini. Ah la gloire des fait d'armes. Passons! Je m'éloigne de mon sujet.

Je scrute, j'observe. Le vénérable a-t-il pu conserver sa liberté sur ce secteur?

Les berges éveillent le doute en moi. En comparant la douceur, l'harmonie des corbes du pré à la dureté de la berge, je dois me rendre à l'évidence: il a subi des sévices, ici aussi.

Ma montée se poursuit. Je cherche des indices de liberté du fleuve. Il sont rares. Lorsque je crois en découvrir, il me faut souvent déchanter. Des pieux plantés, des traverses de bois ou de métal. Il y a aussi ces blocs de pierre, emboîtés les uns dans les autres, alignés - couverts.

Sur le chemin, un orvet vit pleinement cet instant présent en se chauffant au soleil. Je pose mon sac à dos, en extrais ma caméra, la sors de son étui. Mais avant d'avoir le temps de pointer mon objectif sur lui, le reptile s'éclipse en toute discrétion. Je remballe et reprends mon chemin.

Eglisau, le but du jour est atteint. 

A demain

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11/07/2007

Le Rhin

Cette année, c'est le Rhin Suisse que j'ai choisi de parcourir. Alors, les billets seront ceux issus des mails ou sms que mon épouse recevra et c'est à elle qu'incombera le rôle de transmettre les billets de cette randonnée.

Il est 5h40. Je prends le train pour me Rendre à Bâle. Arrivé à la Bahnhof bâloise, il me faut encore prendre le tram. Finalement, une petite marche me conduit à mon point de départ qui se trouve sur la rive droite, à l'extrémité aval du Rhin Suisse.

Tournant résolument le dos à l'Allemagne, je débute la remontée de ce noble fleuve avec l'objectif de rejoindre l'une de ses sources, celle du Rhin antérieur.

Une course avec des barques de pontonniers se déroule sur le cours citadin. 

Des bacs permettent de passer d'une rive à l'autre sans avoir recours à un moteur. 

Je rencontre un premier barrage. Il ponctionne au passage un peu d'énergie au fleuve que l'on contraint à passer entre des murs, le privant de liberté et lui volant ainsi quelques hectares. 

Je passe un lieu tristement célèbre: Schweizerhalle. La catastrophe écologique qui s'y rattache aura permis une timide prise de conscience et peut-être, un jour, les saumons, truites de mer, remonteront se reproduire dans ces zones qui étaient les leurs. 

Les pêcheurs ont construit de petites cabanes auprès desquelles sont suspendus des carlets. Un peu plus loin, des pêcheurs appâtent. 

Mes pas me portent en amont vers la centrale nucléaire de Leibstadt. Que ne ferions-nous pas pour satisfaire notre boulimie d'énergie. Un surplomb laisse apparaître un bout de Rhin qui semble encore libre. Est-ce  un rêve ou la réalité? J'enjambe l'Aar, un autre cours d'eau victime. En le remontant l'an passé, il ma fait pitié. Sans considération, arbitrairement, il a été jugé et incarcéré pour mieux l'asservir.

Après deux jours je rejoins Zurzach. Mes pieds, pour la première fois, ont mal supporté ce trajet et me contraignent à un arrêt forcé.


 

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05/07/2007

Le Taureau

Ce mardi 20 mai 1961, c’est dans mon indifférence et ignorance totale qu’une loi sur l’amélioration bovine est adoptée par le Grand Conseil du canton de Fribourg.
Perché sur mon vélo je me rends au pont de la douane de Sauverny. Le trajet de la ville de Genève à Sauverny m’est devenu coutumier. Il m’arrive plusieurs fois par semaine d’effectuer ce parcours en fin de journée pour le coup du soir (moment béni du pêcheur à la mouche).
Arrivé à bon port j’appuie la bicyclette contre un mur. Déjà équipé, il me reste à monter la canne et choisir la mouche. Fin prêt, je descends les quelques marches qui me conduisent sous le pont au bord de l’eau. Sur le radier à l’aval du pont, de nombreux ronds témoignent de l’activité du poisson noble. Les truites sont à table.
Je remonte le cours, pêchant les postes qui me sont accessibles. Malgré mes lancers peu précis, les prises sont régulières.
J'arrive devant une clôture. Un passage est aménagé pour les humains. Un coup d'œil sur le champ que je m'apprête à traverser. Ma vue se focalise sur un groupe de ruminants qui s'y trouvent. Parmi ceux-ci, il y en a un qui attire toute l'attention du citadin que je suis. C'est un taureau, j'en suis sûr. Son front est tout frisé.
Je prends mon courage à deux mains et entame ma traversée tout en gardant un œil sur cet énorme taureau. Mais voilà, il m'a repéré et se dirige dans ma direction. Rapidement je localise le chemin de fuite. L'animal accélère son pas. La rivière est  mon salut. Je remonte les cuissardes et pénètre dans l'eau en prenant soin de tenir le haut entre trois doigts, le pouce dans la botte de gauche, le majeur dans la droite et l'index entre les deux. Ce procédé me permet de déterminer la profondeur ultime avant d'embarquer 1). Le taureau est là, il a traversé le bosquet. Fort de la supériorité évidente de l'homme sur l'animal je remonte prudemment la rivière. Pour franchir certains endroits, je m'aide des branches basses des arbres. La distance parcourue ainsi me paraît suffisante.  Pas d'eau dans les bottes. Je décide de ressortir et pose la canne contre un arbre. Encore un regard circonspect sur les environs. Rien en vue. Mes deux mains se positionnent sur la berge, les doigts se font face, mes muscles se tendent et d'un bond je me hisse sur la berge et là, nez à nez avec le bovin, je croise les yeux de l'animal. D'une détente sûre et déterminée, mes bras me propulsent en arrière où l'eau m'accueille fraîchement. Quelques brasses pénibles, les bottes pleines, me ramènent vers la berge. Trempé et vexé je ressors. Le bovidé a disparu. La partie de pêche se poursuit encore un instant, mais ce bain forcé l'abrège.
Le taureau terrifiant c'est avéré être une génisse curieuse comme elle le sont toutes. Pour sûr elle a passé un bon moment en déjouant mon stratagème.

1) embarquer signifie remplir ses bottes accidentellement d'eau.

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27/06/2007

Concours

Non, je n'aime pas les concours de pêche.
Il est vrai, ils permettent de réunir des gens animés d'une même passion. Mais le but d'un concours est de prendre le plus, en nombre, en quantité, en poids et cela au mépris de cette faune aquatique. J'ai encore à l'esprit ces poissons qui gigotent  dans un récipient avec peu et  fréquemment  pas d'eau du tout. Ces animaux sont conservés dans le seul but de valoriser un être humain pour un très court instant.
C'est donc avec réserve que je me suis inscrit à celui organisé par le "Club Mouche La Phrygane". Auraient-ils une recette différente de se rencontrer entre pêcheurs tout en respectant salmonidés, cyprinidés...?
Ce défi a été imaginé par Marc Petitjean. Les règles sont lsimples: des équipes de deux pêcheurs sont constituées par tirage au sort. Un secteur leur est attribué de la même manière. A ce stade, mon scepticisme est encore bien présent.
Le président précise les règles de la journée: chaque pêcheur n'a droit qu'à une mouche. S'il la perd, elle ne peut être remplacée. Le choix est irréversible. Une seule capture peut-être mesurée. La partie se termine avec la mesure d'un poisson ou avec la perte de sa mouche. Il est évident que le règlement de pêche est à respecter, aucune capture sous la taille réglementaire ne peut-être conservée, les hameçons sont dépourvus d'ardillon.
Me voilà un tout petit peu plus confiant. Avec mon coéquipier, nous allons à la découverte du parcours désigné par le hasard. Chacun s'équipe, choisit sa mouche  et la partie de pêche commence. Les lancers se succèdent. Chaque radier, coulée, trous le long des berges, sous les branches au risque de crocher et perdre sa mouche est exploré. Aucune cache n'est oubliée. Les heures passent. Nous cessons un instant de pêcher et tout en discutant nous observons la Singine. Rien ne bouge. Aucun vol d'éphémère. La vie semble absente.
Nous reprenons la prospection et au moment où mon coéquipier me lance, dépité : "je crois que nous allons rentrer bredouilles. C'est presque l'heure d'aller au lieu de rassemblement" qu'il ferre soudainement une truite. Délicatement, il la saisit au moyen de son épuisette. Il la mesure sans la sortir de l'eau et peut reprendre sa liberté.
Arrivé à notre point de ralliement, chacun cherche à savoir qui a mesuré le plus grand poisson. Fort peu ont fait une capture. Il y a celui qui a cru que sa première serait suivie d'autres, alors il ne l'a pas mesurée et a poursuivi sa pêche dorénavant infructueuse. Cet autre qui, au troisième lancer a perdu sa mouche, accrochée dans une  branche haut perchée. Un autre ne voulant pas perdre sa mouche a glissé,pris un bain forcé sans récupérer sa mouche.
Chaque prise a été décrochée et relâchée avec ménagement.
Je suis sorti de ma réserve. Un tel défi laisse un maximum de chances aux poissons. On découvre d'autres rivières, d'autres personnes. Le but n'est pas de ramasser, mais d'observer, de réfléchir, de décider et ainsi saisir sa chance.

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19/06/2007

Le trou Jean-Jacques

Assis au bord de la Versoix, mon chien et moi regardons tomber la pluie. Petit à petit, les gouttes d'eau ont raison de ma veste. Pas de celle que je me suis faite. Mais d'une de ces vieilles vestes dont on ne sait pourquoi elle est systématiquement la première à sauter sur mes épaules. Serait-ce le contact de cet or bleu sur ma peau ou le passage, de plus en plus fréquent, de feuilles, de branches et d'objets évoquant une civilisation aisée (papier, sacs plastique et j'en passe). La Versoix ne tarde pas à virer au brun. Son odeur change, expiration douce de la rivière, fragrance stimulant mes cellules olfactives, qui ne tardent pas à aviver des instants du passé.
Me voilà une certaine fin de semaine de juin 1956, Ascension ou Pentecôte. Profitant d'un congé prolongé mes parents et des amis proches ont décidé de camper quelques jours. Nous inaugurons une tente conçue par mon père. Ce pavillon de toile, mon père le voulait, léger et spacieux, de manière que l'on puisse s'y tenir debout en tous points.
Les tentes montées, les hommes partent à la pêche, les femmes s'activent pour que tout soit prêt à leur retour.
L'arrivée de la pluie précède le retour de nos vaillants pêcheurs. Une pluie fine et serrée, une pluie qui doit durer. Le Jura s'est revêtu d'une cape grise qui ondule lentement sous le vent, dégageant, pour de courts instants, le flanc lémanique de cette respectable montagne.
Tous réunis, les discussions vont bon train. Les truites que l'on a réussi à leurrer et qui ont étés capturées au terme d'une âpre lutte. Les autres, de taille impressionnante, ont réussi à se sauver, mais elles n'ont qu'à bien se tenir, le pêcheur reviendra. Celles qui ont été manquées par maladresse déclenchent les rires. Une soupe aux légumes et lard dissipe son fumet. et son arrivée est accompagnée d'un "mmh" collectif. Un grand calme s'installe. Seuls quelques rares cliquetis d'une cuillère rencontrant le fond du bol souligne le silence quasi religieux soudainement brisé par un régulier ploc, ploc, ploc.. La toile qui forme le toit s'est affaisse sous le poids de l'eau et, au point le plus bas, des gouttes d'eau traversent le tissu et tombent dans le bol de soupe de Maurice. Avec un langage coloré propre à ce remarquable artiste peintre, il attire notre attention sur le problème. Chacun propose sa solution. Finalement, c'est une branche de noyer qui résout le problème.
En catimini, la nuit s'installe. Une de ces nuits noires. Les nuages occultent tout astre susceptible de dégager une pâle lueur. Soudain, ma mère lance: "messieurs, si vous voulez du café, il faut que l'un d'entre vous se dévoue pour aller chercher de l'eau". Jean-Jacques se propose pour cette louable tâche. Connaissant mal les lieux et cherchant confirmation, il demande: "pour l'eau, c'est bien là-devant" ? La réponse vient en chœur: "oui, tout droit, à quelques pas". Le voilà, casserole en main, bravant la pluie à la recherche du précieux liquide.
Quelques instants plus tard, une silhouette grelottante apparaît sous l'abri. Notre ami est là devant nous dégoulinant, sans la casserole. Il nous raconte sa mésaventure: "en avançant, là tout droit comme vous me l'avez dit, je n'ai pas vu le bord et le dernier pas, fatidique, ne m'as pas laissé le temps de me rattraper et je suis tombé dans un trou profond . Désolé pour la casserole, elle est au fond". Eclats de rires de toutes parts, les taquineries fusent. Mais rapidement, quelques vêtements lui sont apportés afin qu'il puisse aller se changer.
Le lendemain matin, nous prenons, sous couvert un copieux petit déjeuner. La pluie tombe toujours. Mon père annonce: " si la pluie persiste encore toute la journéela Versoix sera trouble demain . Les truites seront dehors, on a des chances de prendre quelques très gros spécimens. Oui, il faut bien deux à trois jours de pluie continue pour que cette rivière trouble.
Mais, dans la journée la pluie cessa. Soulagement des épouses, de ma soeur et moi. Regret des pêcheurs. Ce n'est pas cette fois que la Versoix sera trouble.
Le lendemain, le camp est plié et c'est la tête pleine de bons moments que nous rentrons.
Quant à moi, je me relève, mon chien Carex en fait autant. Sur le retour, de nombreuses questions surgissent: "comment se fait-il, qu'aujourd'hui en moins d'une demi-journée, la rivière se trouble si rapidement. Que l'eau monte aussi vite pour redescendre aussitôt" ?
Bien d'autres questions me tourmentent. Je les aborderai dans d'autres billets.

 Crue

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12/06/2007

Liberté volée

J'ai envie de mettre en parallèle les images des crues de l'Oberland Bernois avec ces rivières qui, incarcérées depuis des lustres, tentent de reprendre cette liberté volée et le rejet, par conseil le fédéral, de l'initiative "Eaux vivantes". Je m'interroge quant à la qualité humaine de nos décideurs qui privilégient les gains économiques d'une minorité de nantis cupides face à la vie à laquelle nous appartenons.
Faut-il d'autres catastrophes que l'on insiste à mesurer en coûts financiers (solution de facilité), avant de reconnaître que notre existence est intimement dépendante du respect de la condition de vie des autres habitants de cette terre.
Les erreurs sont étroitemement liées à l'évolution. Refuser de le reconnaître et persister peut s'avérer criminel.
Depuis de nombreuses générations, on a canalisé, "corrigé" et pour mieux faire passer la pilule on a "assaini". Que nos ancêtres n'aient pas mesuré l'impact de ces modifications est admissible. Il a fallu du temps pour que les effets dévastateurs se fassent sentir. Mais depuis quelques décennies des personnes attirent l'attention de nos décideurs sur les conséquences engendrées par cette ingérence dans la nature. Sont-ils sourds ou guidés par des intérêts moins avouables?

Esclavage

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04/06/2007

Brevet de pêche

C'est à Genève que trente-quatre passionnés de pêche se sont réunis à deux reprises pour passer le fameux brevet du pêcheur sportif. La première soirée fut consacrée à la préparation où plusieurs sujets sont traités, tels que : les différentes espèces vivant dans nos eaux, les nombreuses méthodes de pêche, les problèmes de pollution, les appâts et les leurres, le comportement envers le poisson capturé, le droit et la loi sur la pêche, l'éthique, etc, etc...
Les participants ont mis à profit les quelques jours avant la soirée consacrée au contrôle des connaissances à étudier la brochure dédiée à la préparation des cent-quarante questions. Le jour "J" ils sont tous prêts et c'est dans une ambiance des plus studieuses qu'ils ont rempli le questionnaire qui leur a été soumis. C'est avec brio qu'ils ont obtenu leur Brevet, démontrant par là-même l'intérêt qu'ils portent à la pratique d'une pêche respectueuse.

Ce brevet suisse du pêcheur sportif a vu le jour en 1979 en Suisse germanophone. Son fondateur est monsieur HJ. Dietiker. Depuis sa création, ce ne sont pas moins de quarante mille pêcheurs d'outre-Sarine qui l'ont passé. Cinq cantons imposent ce brevet pour l'obtention du permis. Ce brevet est reconnu par la législation de l'Autriche et de l'Allemagne en lieu et place de leur diplôme national.
En février 2001, Monsieur Verdon a mis à disposition le brevet traduit en français et adapté pour la formation en Romandie.
A toute personne intéressée je recommande de visiter le site www.brevet-pecheursportif.ch. Vous y trouverez de nombreuses informations et tout l'historique.

                                                                                            

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27/05/2007

Goutte d'eau

Au bord de ma rivière, samedi, je me suis rendu. La canne est montée. Reste le choix de l'artificielle à fixer à l'extrémité du bas de ligne. Quelles sont les proies les plus probables?
Les éclosions d'éphémères, comme celles de trichoptères, sont rares. Alors, aidé d'un petit filet, je tente de retenir quelques nymphes emportées par le courant. Des beatis, en très petit nombre, me décident à fixer une imitation d'émergente de cette espèce d'éphémère.
Quelques lancers d'échauffement avant de m'engager dans une exploration systématique qui ne tardera pas à être escortée des premières gouttes de bruine. Ne m'étant pas équipé pour la pluie, je me tourne vers Carex, mon chien, comme pour lui demander ce qu'il en pense. L'eau, sous toutes ses formes, ne lui pose aucun problème. Les battements de sa queue témoignent de sa philosophie: chaque instant vaut la peine d'être vécu.
Je m'assois à coté de lui et ensemble, nous regardons tomber ces gouttes d'eau. En atteignant la surface de la rivière, les gouttes émettent un léger "plik" et, issues de l'impact, de nombreuses gouttelettes tentent de remonter. C'est peine perdue. L'effort est par trop important et le nuage qui les a portées est bien haut. Alors, elles retombent en formant une onde comme pour ne pas s'être laissées tomber inutilement. Elles sont de plus en plus nombreuses et, comme le quidam perdu dans la foule lors d'une manifestation, il n'est plus possible de les distinguer isolément.
D'un regard oblique, je regarde le ciel et ces nuages d'où nous viennent toutes ses gouttes d'eau. Une pensée me traverse: mais avant le nuage ou étaient elles, quelles mers, quels lacs, quelles rivières ou quels fleuves, sur ou sous la terre, où se sont elles déjà promenées?Y a-t-il une de ces gouttes qui est déjà passée par là?
Ah, si j'étais en mesure de les comprendre. Elles qui ont vu apparaître les premières bactéries, ont assisté à l'apparition des premiers poissons, vu les premiers insectes prendre  leur envol. Les dinosaures aussi ont connu les bienfaits rafraîchissants d'une ondée estivale ou les brûlures douloureuses d'une averse glacée.  Grâce à ce liquide céleste, tous les êtres vivants, les végétaux, animaux de toutes sortes, y compris les hommes, peuvent se développer. Je suis là à regarder tomber ces gouttes qui me font rêver.
La différence entre la goutte d'eau et notre quidam perdu dans la foule est que si l'un disparaissait, la vie continuerait alors que pour l'autre, ce serait la fin!

Voyage de la goutte deau 

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20/05/2007

Les boîtes

Depuis samedi, la pêche de l'ombre est ouverte, avec la possibilité d'utiliser les larves comme amorce, quelles soient naturelles ou artificielles.
Ceci me renvoie à ce samedi 19 mai 1951, jour tant attendu où mon père me permet de l'accompagner à la pêche. Arrivés au Gros Chêne, nous ne nous dirigeons pas vers les roseaux. Pourtant, je suis fièrement mon père. Nous allons vers l'aval, pénétrons la partie boisée, une vraie jungle. Il faut enjamber, se glisser sous ou se faufiler entre les troncs et les branches. Le sol est doux. On s'enfonce rapidement en de nombreux endroits. Je dois assurer chacun de mes pas sinon je risque de m'embourber et ne pourrai me dégager qu'à grand' peine.
Après quelques minutes, nous arrivons vers une prise d'eau qui alimente un canal de grossissement de truites. L'entrée du canal est marquée par des colonnes de granite sur lesquelles des grilles prennent appui. Là, mon père pénètre dans l'eau jusqu'à mi-cuisse. Il relève ses manches, sort d'une de ses poches une boîte métallique, un réceptacle que chaque pêcheur conserve précieusement pour y placer les amorces. Une pression au centre du couvercle le libère et on le place sous la boîte. Elle est prête à recevoir ses hôtes.
Ces boîtes ne jonchent pas encore le sol, ll faut les acheter et dans les magasins de pêche on les recharge car nous sommes en 1951 et nous ne nous doutons pas qu'un jour, ces boîtes seront en plastique, comprises dans le prix et abandonnées sur place, souillant le bord des rivières.
Fin prêt, mon père plonge sa main droite dans l'eau qui vient taquiner sa manche roulée au haut du bras. Lentement, sa main remonte. Elle est pleine de petits cylindres de ravier. Ils sont déposés dans la boîte. La main replonge dans l'eau pour en sortir un petit bouquet de mousse qui rejoint les petits cylindres.
Je ne pense pas demander ce que c'est, trop fasciné par ce milieu magique, mes narines reçoivent des odeurs nouvelles, agréables, étranges comme tout ce que l'on ne connaît pas. Mes sens sont tellement sollicités, le bien-être ressenti est si intense que je n'entends pas mon père m'appeler. Il réitère ses appels et, finalement, je l'entends me dire: "mais à quoi tu penses? Toujours dans la lune hein"?!
De sa boîte, mon père sort un de ces cylindres, le rompt et en sort une larve au corps jaune claire, sur sa tête noire sont  fixées six pattes. "Tu vois, ce sont des vers d'eau".
Des années plus tard, j'apprendrai que le vers d'eau est un nom vernaculaire. Ces larves appartiennent à l'ordre des trichoptères ou phryganes. Chaque pierre en est couverte, les lieux privilégiés pour en récolter sont les piles de ponts. Aujourd'hui je trouve que leur nombre a terriblement diminué et il ne sont pas les seuls: d'autres espèces ont même disparu.
N'oublions pas que ces petites bêtes, trop souvent méconnues, sont la nourriture des poissons, elles sont indicatrices de l'état de santé de nos rivières.

La fenêtre 

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13/05/2007

Le Gros chêne

Une grande partie de mon enfance s'est passée dans les environs immédiats de la Versoix. Le Gros chêne fut l'un de ces lieux privilégiés où l'on forme ses racines. Il était là pour freiner les ardeurs du soleil et il n'avait pas son pareil lorsque le ciel éclatait en sanglots. Il était aussi le témoin de mes joies comme de mes peines et gardait un oeil bien veillant lorsque, appelé par l'eau, je le quittais.
En voyant mon père, chaussé de ses bottes partir la canne à la main et se faire avaler par les roseaux, je ne m'inquiétais pas car le chêne veillait.
Le soir, assis autour d'un feu, les discussions entre pêcheurs allaient bon train. Bouche ouverte je buvais ces aventures, impatient de les vivre, émerveillé par les astuces développées pour leurrer les truites, surpris par la taille que pouvait atteindre les poissons manqués. La soirée s'égrainait ainsi jusqu'au moment où les discussions se fondaient en mélodie lointaine, que ma vue se perdait parmi les étoiles avant que je m'abandonne dans les bras de Morphée, toujours sous la bonne garde du Gros Chêne.
Un matin, le chêne était à terre. Il a été abattu. La section du tronc était saine, elle y dévoilait l'âge de ce magnifique arbre. Il est resté là, couché quelques printemps. Plus tard, un sapin est venu le remplacer. Aujourd'hui encore je ne comprends pas la raison de cette mise à mort.
Le Gros Chêne n'est plus en mesure de partager les aventures vécues en sa compagnie tel ce matin de d'avril où la canne à pêche paternelle, pincée dans les rayons du vélo, me sert de balançoire. Il avait bien dû s'amuser en me voyant me prendre pour un indien, un maillet de bois à la main, exécuter une danse avec un lâcher du dit maillet au beau milieu d'une assiette. Il ne s'est pas ri de moi, voyant le petit indien partir en sanglots suite au bris de l'assiette au petits cochons roses. Il a dû rire sous cape le jour où, allant renouveler l'eau de la boille, j'ai laissé repartir les truites.

Le Gros Chêne est toujours dans mon cœur. 

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03/05/2007

Regard dans le miroir


Le déplacement de l'ombre projeté par l'érable qui accueille mon dos est significative du temps qui s'est écoulé à observer cette truite chassant des nymphes sur le fond. Rien ne lui échappe; que la proie se présente sur sa droite, sur sa gauche, face à elle. Même une proie qui n'est pas en ligne directe de sa vision, sera repérée dans le miroir. Il semble que rien ne puisse l'interrompre.
Soudain, un pêcheur bondit sur la berge. Comme un éclair, voilà la truite cachée. Notre pêcheur effectue quelques lancers. La cuillère qu'il lance habilement envoie des éclats de lumière tous azimuts. Son exploration est méthodique. Pas une touche. On croirait le radier sans vie. Le pêcheur se retourne et me lance un "t'a fait quéqu'chose?". Sans me laisser le temps de répondre, il poursuit: "ça fait chier. Y a plus rien. Y mettent plus rien. La pollution et ces oiseaux, ils bouffent tout".
Encore tout émerveillé par la truite de tout à l'heure, ma seule réponse est un laconique "mh…mh ouais, c'est plus comme avant". Ne recevant pas d'écho corroborant ses dires, c'est par un bref salut que le pêcheur, bredouille, prend congé.
Espérant revoir la truite, je guette, immobile comme le héron, la zone de chasse et les alentours immédiats.
C'est alors que, du fond de ma mémoire, remontent à la surface les images du passé, semblables à ces larves d'hexapodes. Je revois ce gros chêne sous lequel, tout petit enfant, je fais la sieste de laquelle je me réveille, l'esprit aventurier avivé. C'est en rampant que je parcours moins d'un arpent et découvre la Versoix.  Les cris d'angoisse de ma mère me freinent.
A cet instant, je ne perçois pas encore cette relation qui me lie déjà à cette rivière.

 Pour le miroir

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25/04/2007

La petite chenille verte

La petite chenille verte

Assis au bord de l'eau, ma canne à mouche à mes côtés, j'observe la rivière tout en cherchant quelques vols d'éphémères ou, oh miracle, une truite venant gober.
Soudain mon regard capte une petite chenille suspendue à son fil à quelques décimètres de la surface de l'eau. C'est alors que ma mémoire se manifeste et remonte à la surface de ma conscience des images captées l'an passé: ces petites larves qui, au contact de l'eau, se mettent à nager pour rejoindre le bord. J'étais resté admiratif alors et aujourd'hui, j'attends impatiemment le même spectacle dans les remous et les vaguelettes dansantes. Mais, à ma surprise, elle cesse de descendre pour reprendre le chemin inverse. Tout en observant cette remontée, je suis du regard ses contorsions sur son fil et constate que le chemin à parcourir est diablement long.
M'aidant  de ma canne, j'estime la longueur du fil au-dessus d'elle à trois mètres cinquante.
Dans mon esprit, cette petite chenille se transforme en homme suspendu à une corde sous un surplomb, remontant à l'aide d'accessoires.
Curieux et perplexe je ne la quitte plus des yeux. Quand va-t-elle s'arrêter pour se reposer ou renoncer ?
Inlassablement elle poursuit sa montée pour disparaître de ma vue, tout là-haut, sur cette branche hors de ma portée.
Un bref calcul de proportions me démontre que la petite chenille verte, cette larve, vient de réaliser l'exploit en escaladant, sans interruption et en toute modestie, l'équivalent pour un humain adulte, de huit-cent-septante-cinq mètres...

 

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20/04/2007

Coule rivière

Eh bien voilà, je me jette à l'eau pour vous parler d'eau.
Comme chacun le sait, au printemps c'est l'éveil de la nature. Les végétaux se parent de neuf. Les oiseaux de chant charment nos oreilles. Plus discrets, les mammifères s'activent autour de leurs petits. Passant inaperçus au point d'être ignorés, les salmonidés voient leur progéniture prendre possession de leur avenir.
En me promenant le long de la Versoix, je peux observer, ça et là, des alevins de truites à l'affût entre les pierres le long des berges, dans quelques centimètres d'eau. Sur des fonds plus riches en limons, ce sont des alevins d'ombres qui chassent entre deux eaux, eux aussi tout au bord dans quelques centimètres d'eau.
Une variation un peut trop rapide du niveau d'eau, provoquée par un lâcher ou pour recharger la retenue afin de produire de l'énergie que l'on prétend propre et voilà ces vies anéanties et, à coup sûr, elles ne sont pas les seules à souffrir de notre avidité d'énergie, énergie que l'on s'empresse de gaspiller sans remords.
Assis sur la berge, je ne peux m'empêcher de penser à ces nuages d'éphémères, trichoptères et plécoptères qui peuplaient le ciel de mon enfance. Vont-ils se manifester à nouveau? Demain peut-être...

Alevin de truite

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