02/09/2010

Remontée à pieds de l'Inn, Maloja à Madulain

Maloja à Bivio

Le temps est radieux. Pas un nuage. Je me mets en route peu avant huit heures. Oui, comme vous le remarquez depuis que je suis de retour dans mon pays, le mot heure revient régulièrement.
Avant d'entamer la montée, je soigne le réglage du laçage des chaussures, règle l'altimètre bien que ce ne soit pas indispensable, mais cela me fait plaisir. Huit-cents mètres de montée avec une pause sur les rives du lac Lugin 2.jpgau trois quarts du chemin. Je me suis préparé à monter d'un pas lent et régulier jusqu'au lac. En arrivant, je vois trois pêcheurs qui ont passé la nuit là-haut. Ils pêchent la truite canadienne, mais pour l'instant sans succès. Après avoir demandé permission, je me déchausse pour marcher dans le lit de naissance de l'Inn.

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Maintenant, la montée qui reste à faire est celle du retour. Au sommet se trouve une marque qui désigne la séparation des eaux en trois directions, la Mer Noire, l'Adriatique, et l'Atlantique.11.jpg

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Une longue descente commence. Elle me semble interminable et ce pour deux raisons: le but est atteint et en montagne je descends très mal. Je prends quelques photos de fleurs et à chaque sifflement caractéristique, je cherche la marmotte aidé par mes jumelles.
Il est quatorze heures vingt. J'arrive à Bivio. Reste le bus, le train et à poursuivre les réflexions commencées à Passau pour arriver à la source de l'INN.

Cours de l'Inn.gif

01/09/2010

Remontée de l'Inn à pieds de La Punt-Chamues-ch à Maloja

La Punt-Chamues-ch à Maloja

Petit déjeuner et conversation avec la maitresse de maison concernant les différences d'accueil entre les pays traversés, échange d'expériences sur les randonnées à vélo ou à pieds. Sur ce, la discussion se poursuit avec des allemands venant de Munich à vélo et leurs prévisions pour les six prochains jours. La tenancière me conseille quant au choix du chemin et ainsi éviter les détours inutiles.
Je traverse une zone humide remise en valeur.

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Apparemment, un ruisseau a dû être mis au cordeau il y a plusieurs années de cela. Aujourd'hui, bien qu'il garde sa rectitude, ses berges ont été abaissées et il forme des petits plans d'eau riches en macrophytes. J'observe des truites et des ombres de taille modeste, l'eau qui s'y écoule est claire et le fond n'accueille pas d'algues, ce petit ru est parallèle à l'Inn.
Plus en amont cette rivière dont l’eau rejoindra la Mer noire, a été re-naturée suite à des inondations. 9.jpgDe nombreuses dérivations ont vues le jour sur sa rive gauche. 4.jpgLes murs fonts place à des talus en pente douce permettant au cours d'eau de s'étendre lors de crues sans accélération brutale de son écoulement.Des grèves de galets forment des îles, la diversification d'écoulement offre de nombreux habitats et je m'arrête avec plaisir pour regarder des truites et des ombres en pleine activité, gober émergeantes et mouches.

De tels aménagements ne coulent apparemment pas de source. Deux propriétaires de terrain, sur une des dérivations ont, de toute évidence, voulu leur mur! Il est fait de gros blocs bétonnés. Chaque centimètre acheté, volé devrais-je dire, à un moment donné a été pris à la nature. En somme, comment nomme-t-on une personne qui détient un tel objet ?Alors, ne sommes tous pas des receleurs face à notre mère terre?

 

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Je marche sans relâche. En contournant le lac à hauteur de  St.Moritz, je me sens bien, avec la certitude que je terminerai, je longe les rives droites des lacs de Sils et de Silvaplana, un vent soutenu me vient de face et offre du plaisir à de nombreux amateurs de jeu d'eau et d'éole. La berge est plaisante et m'invite à faire une petite pause pour le plus grand bonheur de ceux qui se trouvent enfermés depuis de nombreuses heures dans leur chaussure.14.jpg
Arrivé à Maloja, il ne m'est pas nécessaire ne me mettre en quête d'un lit, Leni m'a réservé une chambre. Elle est simple et j'y trouve ce que j'attends: une bonne douche, m'allonger un moment et laisser défiler la journée dans ma tête avant de descendre au restaurant et manger en prenant tout mon temps. Puis je remonte les marches d'escalier que chacun de mes pas fait geindre. J'écris le billet, éteins la lumière et laisse les paupières tomber devant les yeux.

 


30/08/2010

Remontée de l'Inn à pieds de

Guarda à La Punt-Chamues-ch

Après une très mauvaise nuit, je n'ai pas réussi à m'endormir avant quatre heures et à six heures trente je ne dormais plus. Ce n'est pas le souper qui n'a pas passé, mais le prix du coin à dormir: nonante-et-un francs pour une minuscule chambrette, sans commande d'éclairage ni lampe proche du lit. Qu'il n'y ait pas de télévision ne me gène pas et dans aucun des hôtels précédents je ne l'ai allumée. Autre élément d'irritation, si j'ai choisi cet établissement c'était pour la liaison internet. Aucun réseau de ma chambre même pas pour téléphoner. Décidément, l'hôtellerie Suisse offre des prestations lamentables au regard du tarif.

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Je débute ainsi une longue journée de marche. Onze heures sans les pauses. J’espère atteindre Madulain.
Le sentier est beau, les dénivelés plus doux que ceux du jour précédent, mais plus long. Hélas, je suis souvent loin de l'Inn. Par moments, elle se montre en contre-bas, sans se laisser entendre. Avec leur chapeau fauve, les bolets guident mes pas. Tout en relativisant les troubles qui ont perturbé ma nuit, je mesure mon avance par les hameaux et les villages dépassés. Le temps passe et expérience faite j'oublie le wiffi et dès seize heures je débute la recherche d'un lieu où passer la nuit. Je passe des lieux où les hôtels sont inabordables, un écriteau indique «Zimmer frei» et il y a un numéro de téléphone. Alors, sac à terre, je sors le combiné mobile et tape les nombres les uns après les autres. La tonalité retentit, une, deux, trois fois et la voix laissée sur l'enregistreur me répond en anglais que la personne n'est pas là et me prie de rappeler plus tard. Et si je patiente en vain ou c'est complet, je dors où? Je décide de passer au prochain groupement de maisons. Toujours sans succès. Je dépasse l'étape initialement prévue. Enfin à La Punt-Chamues-ch, je trouve un hôtel et entre demander s’ils ont des chambres pour une nuit et une personne. La réponse et positive. L'employée me communique le prix. Je demande de me répéter, pas certain d'avoir bien compris. Elle répète, voyant que je n'ai toujours pas bien compris, elle me montre le nombre. Asseyez-vous!  Sur la carte il y a dans l'ordre les chiffres 260.- et ceci pour une nuit et un lit. Je réponds que ce prix est trop élevé pour ma bourse, mais peut-elle m'indiquer si, dans les environs proches, il y a un garni ayant des prix plus à ma portée. Deux cents mètres plus haut à gauche, ils ont des chambres. Rassuré, je la remercie et me dirige vers ce bâtiment, il a l'écriteau «Zimmer», mais en lieu et place de «frei» il y a «besetzt». Mon espoir s'envole. J'envisage de tendre mon hamac entre deux arbres et de me glisser dans le sac de couchage que je promène depuis quinze jours en prévision. Mes pieds continuent de me faire avancer tout en me faisant comprendre qu'ils en ont marre. Je rencontre une dame en train de ranger la terrasse d'un débit de boisson attenant à un terrain de sport. Je lui raconte les déboires de mes recherches et l'interroge si elle sait où je peux trouver une chambre pour une nuit. Elle me donne une adresse, mais comme la gauche et la droite ne peuvent se comprendre, je ne trouve l'endroit. Je traverse le pont, entre dans une pizzeria et repose la même question. La serveuse désigne une maison, je m'y dirige, frappe à la porte. Un homme apparaît dans l'encadrement de sa porte, il prête l'oreille et me répond qu'il aimerait bien satisfaire ma demande, mais que toutes les chambres sont occupées. Me voyant dépité, il propose de téléphoner à une dame qui met des chambres à disposition sans en faire de publicité. j'accepte et il appelle cette personne. Il me confirme en souriant qu'il y a une chambre et que l'on m'attend. Je le remercie et retraverse le pont, cherche les points significatifs et trouve la maison. La porte est ouverte et une femme se lève et vient à ma rencontre s'assurer que je suis bien la personne qui a été annoncée. J'ai à disposition une jolie chambre, douche et toilettes sur l'étage. Une douche glacée pour mes pieds, ils sont heureux, et de l'eau moins froide pour le reste du corps. Je me change et c'est au tour de l'estomac de recevoir son dû. Reste une envie terrible et qui a beaucoup de mal à attendre, elle consiste à rejoindre les bras de Morphée.

29/08/2010

Remontée de l'Inn à pieds de Martina à Guarda

Martina à Guarda

Petit déjeuner à la hauteur du souper. Il n'est servi que dès huit heures, heure Suisse! Le prix correspond à celui des quatre étoiles d'Allemagne et d'Autriche.
Le sentier longe l'Inn, le paysage est beau et grandiose hors des zones bâties où de cultures, le cours d'eau est libre et exprime ainsi son caractère riche et noble. 3.jpgLe marquage  des chemins d'excellentes qualité me permet de profiter pleinement du paysage qui se déroule à chaque pas devant mes yeux. J'arrive à Scuol dans les temps et comme d'ordinaire, je ne peux m'empêcher de déterminer le moment de mon arrivée à Guarda. Les pronostics s'avèrent totalement faux. Les dénivellations n'ont pas été prises en considération et je mets près du double de ce que j'ai soigneusement calculés, en omettant un des paramètres.

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Je dois changer de rive, le sentier n'étant plus praticable à cause d’importanst risques de chutes de pierres. Devant moi, il y a un établissement thermal à l'abandon. Il n'est pas le seul. D'autres grosses constructions, elles en bon état, semblent aussi désertées. En montant encore je 9.jpgdécouvre des courts de tennis avec une installation d'éclairage récente alors que l'herbe reprend ses droits en passant au travers du tapis ocre de la surface de jeu. Dans l'espace réservé à l'information une fontaine délivre de l'eau très légèrement gazeuse, le long de la route d'accès un immeuble au toit calciné et deux autres désertés. Ce lieu me laisse une étrange impression, d'étranglement à but spéculatif, mais cela ne se fait pas et je me trompe certainement.…
Une fois ce domaine dépassé, ma route s'élève de près de trois-cents mètres en faisant de nombreux lacets qui m'éloignent verticalement et horizontalement du cours d'eau, ouvrant à mes yeux le spectacle des montagnes et ici un château 13.jpghaut perché. Le sentier s'infléchit de plus en plus pour se précipiter vers la rivière que sont chant trahit. Mes yeux scrutent la gorge devant moi et soudain, les remous m'apparaissent ainsi qu'un pont suspendu d'une rive à l'autre.

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Le Cours d'eau traversé et voilà qu'il me faut remonter de quelques hectomètres. Une fois en haut je me retourne et contemple ce magnifique paysage. 15.jpgLe temps passe et il me reste encore du chemin à faire pour rejoindre le but fixé. Une fois de plus, mécontentement de notre hôtellerie, le prix surfait ne correspond en rien à la chambrette mise à disposition.

28/08/2010

Remontée de l'Inn à pieds de Faggen à Martina

Faggen à Martina (Suisse)

Je franchis un pont pour rejoindre la via Claudia Augusta. Cest le nom que porte le sentier de randonnée qui me conduit jusqu'à la frontière Suisse. Ce chemin est agréable. Montées et descentes se succèdent à plus où moins vingt mètres. Tout au long il y a des champignons, les bolets sont de loin les plus nombreux. En contre-bas, l'Inn se trémousse entre de grands rochers en abordant avec élégance les nombreux virages de sa route. Trop occupé à regarder autour de moi je ne prends pas garde au dédoublement de la voie et celle que j'emprunte me fait grimper de quatre cents mètres. Soufflant, suant je jure qu'à l'avenir je serai plus attentif. Pieuse promesse.

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Je fais une petite pause à Pfunds pour reposer mes jambes et garnir mon estomac. Je descends convenablement et sans record de vitesse les trois marches qui me conduisent dans l'une des salles de cet hôtel restaurant. En chaussures de montagne, volumineux sac à dos et trempé de sueur, je viens pour manger un morceau. Mon apparence ne joue aucun rôle et je me sens reçu avec amabilité et simplicité. Le repas est parfait, je règle la note en rien excessive et me remets en mouvement.

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Un appel téléphonique à mon épouse que j'avais chargée de me trouver un lieu pour dormir plus près de la rivière que celui choisi confortablement assis devant l'écran de l'ordinateur. J'appelle Leni. Elle me confirme que l'hôtel me réserve une chambre, mais je dois arriver au plus tard à dix-sept heure trente. Je lui demande de rappeler et d'informer que mon arrivée est possible entre dix-huit et dix-neuf heures. Réponse de l'hôtelière: mais pas après dix-huit heures trente. Je modifie mon cheminement, trois heures de marche le long d'une route avec des camions qui me frôlent. C'est pas terrible, mais j'ai de magnifiques vues dominantes sur le cours d'eau que seul je peux apprécier. En passant la douane Suisse, les fonctionnaires du département militaire me demandent mes papiers et le rituel : avez-vous quelque chose à déclarer; d'où venez-vous où allez-vous? Je les informe que ma pièce d'identité n'est plus valable depuis dix ans et les seuls achats sont deux tubes de pommades, l'un presque terminé et l'autre bien entamé, venant de Genève le train m'ayant déposé à Passau et j'ai pour but de rejoindre la source de l'Inn à pieds pour retourner à Genève. Sur ce, j'entends c'est bon vous pouvez aller. Encore quelques paroles amicales sont échangées, parlant des étapes.


Largement dans les temps, je rencontre la responsable du logement de ma nuit. Elle me remet les clés de la chambre en me faisant savoir que si je veux manger c'est à dix-huit heures! Avec cette dernière précision je prends vraiment conscience que je suis en Suisse.

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Le souper est au choix une pizza Margerita agrémentée de jambon où de lard où encore de viande séchée. Éventuellement un sandwich ainsi que trois autre propositions du même acabit. À relever que durant ces deux semaines, j'ai eu de vrais repas pour une somme analogue. Bel accueil suisse!

27/08/2010

Remontée de l'Inn à pieds

Mils bei Imst à Faggen


J'ai bien dormi. Petit-déjeuner copieux et vaste choix. C’est le système grande surface et une fois son plateau servi, passage à la caisse, pesage du bol de céréales avec fruits et yaourt, ma tasse de café m'est remise et en échange je paie avec le bon de la nuit.
En grinçant, mes jambes se mettent en mouvement. À droite, c'est le haut qui se plaint et expérience faite, cela dure une demi-matinée, le bas de la gauche se lamente et le fera toute la journée. Rien à faire.
Le paysage me plaît. La rivière ne semble pas avoir subi les outrages de l'homme. 2.jpg
Elle se coule entre deux parois de rochers, dans son lit de gros blocs sur lesquels le liquide vient buter avant de contourner l'obstacle. J'imagine sans peine la diversité de milieux: zones de repos, de chasse, de protection de reproduction et cela pour chaque espèce et toutes classes d'âge.
À l'approche de Landeck, les murs font leur réapparition pour disparaître à nouveau un à deux kilomètre en amont de la localité. L'Inn rugit, joue à saute-mouton, se tient tranquille derrière un repli comme si elle participait à une partie de cache-cache. Soudain, elle hurle d'horreur en sautant d'un barrage alors qu’en amont, la rivière ralentit sa course, inquiète de ce qui l'attend. Car Madame Pluie lui a laissé entendre qu'après le passage de cette barrière, son cours deviendrait un vrai corbillard. On ne compte plus les poissons déchiquetés. Très rares sont les survivants et généralement, ils ne peuvent survivre de leurs blessures. Mais pourquoi cela ?  interroge la rivière...

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Pour te soutirer ton énergie et en gaspiller le tiers pour le moins! C’est ainsi que les humains se croient supérieurs.
Aujourd'hui j'arrive de bonne heure avec très peu de précipitations, juste de quoi sortir mon parapluie. Et comme je l’ai oublié à la pharmacie de Landeck, je suis contraint d'y retourner. Vingt minutes de marche dont je me serai bien passé. Lessive des pantalons en plus car, curieux, j'emprunte un chemin dans lequel les passages répétés de chars ont creusés deux traces parallèles dans la roche. Avec l'humidité, le chemin est glissant. j'avance avec prudence. Pour rejoindre le sentier, il faut descendre quelques marches d'escalier faites de grosses poutres issues d'arbres de la région. Je m'attends à ce que le passage soit périlleux, pose un pied et contrôle l'adhérence. La surface est comme savonnée. Avec toute l'attention qu'il se doit je pose l'autre pied sur la seconde marche. Le coefficient de frottement est des plus faibles. Jusque-là, la situation est maitrisée. Au moment où je libère mon appui de la première marche, je ne conçois pas avec quelle vitesse peuvent se descendre des marches d'escalier. Je vous assure, je n'ai pas réussi à les compter, mais le gain de temps n'est pas certain car il faut se relever et avec le sac au dos, j’ai l’air d’une tortue. Il faut mettre les quatre pattes en position, la charge dessus et hop!

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25/08/2010

Remontée de l'Inn à pieds, Telfs à Mils bei Imst

Telfs à Mils bei Imst

Il a plu toute la nuit. Pendant le petit-déjeuner, c'est la bruine qui rejoint le sol détrempé. Je suis peu optimiste quant aux conditions météo de cette journée. Vient le moment de partir. Le ciel se dégage, les précipitations ne réapparaîtront que dès seize heures, mais avec générosité.
Je décide de marcher six heures sans pause ,tout au plus de brefs arrêts photo et changement de flacon d'eau. Engagement tenu et dépassé d'une demi-heure, le site visé a des bancs, des tables et même un couvert semble-t-il. 5.jpg
Arrivé à la halte je découvre une fontaine et sous l'abri un bassin accessible par un escalier. Ce sont mes pieds qui vont être heureux. L'eau jaillit d'une source; elle est froide à souhait. Mon repas se compose de fruits secs, de noisettes et de noix avec de l'eau fraîche pour me désaltérer.

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L'Inn se montre assez libre, son cours ne laisse entrevoir que peu d'intervention de la main de l'homme. J'aime la voir ainsi.
C'est dimanche et de nombreux rafts se laissent entraîner par le courant. Les cris des occupants trahissent-il la peur ou la joie? La crainte peut aussi faire le bout-en-train.

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Je m'approche du but, le paysage est merveilleux jusqu'à la sortie d'une grande courbe à droite (sens du courant) où chacune des deux rives est gardée par des parois de rochers. Soudain, le brouhaha, quarante mètres plus haut, le pont d'une auto-route. La pluie s'est remise à jouer les trouble-fête.
De fait, sous mon parapluie et sac à dos sous son imperméable, je ne consulte pas la carte jusqu'au moment où je me trouve sous un pont et là, je découvre que la cible est dépassée de cinq kilomètres!
Non, je ne fais pas demi-tour, je vise le prochain village et il me faut vingt minutes avant d'y arriver. Je jette mon dévolu sur ce qui ressemble à une grosse ferme. Une fois à l'intérieur, je me rends compte que c'est un relais auto-routier.
Mais bon, j'y suis, j'y reste. Les  chambres donnent sur le côté opposé de la route. Un silence impressionnant. Même les fenêtres ouvertes en train d'écrire, je n’entends que le bruissement léger de la pluie fine sur les feuilles des arbres et le toit.
Pour lundi les prévisions sont: pluie et pluie.
Bonne nuit.

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24/08/2010

Remontée de l'Inn à pieds, Hall im Tirol à Telfs

De Hall im Tirol à Telfs

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23/08/2010

Remontée de l'Inn à pieds, Rotholz à Neu Rum

Remontée de l'Inn à pieds, Rotholz à De Hall im Tirol

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14/08/2010

Remontée de l'Inn à pieds, Kirchbichl à Rotholz

Kirchbichl à Rotholz

13.08.2010

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13/08/2010

Remontée de l'Inn à pieds, Rosenheim à Kirchbichl

Rosenheim à Kirchbichl

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Remontée de l'Inn à pieds, Wasserburg am Inn à Rosenheim

Wasserburg am Inn à Rosenheim

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Remontée de l'Inn à pieds, Waldkraiburg am Inn à Wasserburg am Inn

Waldkraiburg am Inn à Wasserburg am Inn

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08/08/2010

Remontée de l'Inn à pieds, Altötting à Waldkrainburg

06.08.2010 Altötting à Waldkrainburg

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06/08/2010

Remontée de l'Inn à pieds, d'un Kirchdorf à l'autre

Kirchdorf am Inn bei Obernberg à Kirchdorf am Inn bei Simbach am Inn

Réveillé à six heures, je me prépare tranquillement. Mise en route après le petit déjeuner, il est sept heure trente. Comme la pluie est annoncée importante dès midi, je décide de marcher cinq heures d'une traite, tout en mesurant ma vitesse. Ainsi, à midi et demi, la plus grande partie du chemin sera faite. Tout au plus, je ferai une heure sous la pluie.

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Au début de l'étape, j'observe un lapin de garenne, trois lièvres et un brocard. En longeant  la rivière, je relève les aménagements piscicoles faits d'arbres placés en travers, de gros blocs de pierres diversifiant les courants et vraisemblablement une ancienne chute forment une succession de rapides. En traversant ce cours d'eau, j'ai le plaisir de contempler quelques belles pièces qu'il m'est difficile de définir avec certitude dans cette eau d'un brun roux et légèrement chargée.

Suit une longue marche sur une digue. Les berges n'ont rien de naturel, mais les turbineurs, comme tous bon vendeurs,  présentent leur retenue comme un riche biotope. Oui, on concentre de nombreuses espèces. Surtout des oiseaux, tel des cygnes, des foulques et d'autres variétés que l'on peut observer en d'innombrables contrées sur un espace où l'observation est facile.

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Mais on oublie totalement les espèces tributaires de ces lieux avant que le cours d'eau subisse ces mutilations. Et il y en a que l'on ne retrouvera plus.

À midi trente, j’arrive à Simbach am Inn comme prévu. Il est temps d’étancher ma soif et de manger un morceau. Mais c'est avant tout d'eau dont mon gosier attend le passage.

Par chance, il ne pleut pas. Alors, en route pour cette dernière heure (au maximum).

C'est sans compter sur quelques lubies qui me passent par la tête.5.jpg

 

Je vois sur la carte un sentier, exclusivement pédestre celui-ci, qui va me permettre de joindre le même point sans accroître la distance et qui plus est, il passe dans les bois près de l'Inn.

Je passe un petit pont repéré sur la carte et pénètre dans le sous-bois. Le chemin est mal marqué. Il se divise; j'opte pour celui dont la trace est la plus nette. Au sol, des empreintes d'ongulés et bien vite, le passage n'est plus celui du bipède. Retour sur mes pas. Je fais le point au GPS, contrôle la direction à prendre avec la boussole et en route.

Même topo.

J'insiste et ne tarde pas à me trouver dans une vraie jungle. Après quelques jurons, me voilà le long de l'Inn. Nouveau contrôle de position. Le chemin doit se trouver parallèle à la rivière, dix à vingt mètres plus loin. Je cherche et après bien de la transpiration, je trouve un cheminement sur un sol couvert de petites herbes fines. Je m'y engage et me retrouve sur les rives de ma belle Dame.3.jpg

Ce sentier est celui de pêcheurs qui se déplacent entre deux postes avant de reprendre leur embarcation.

Cette fois, ma décision est prise, il me faut rejoindre le petit pont du départ.

Je brasse dans cette végétation de zone humide. Les orties sont bien présentes comme le lierre. Les arbres morts compliquent le déplacement. Me voila étendu à plat ventre, accueilli par les orties. Mes avant-bras se colorent en orange par de nombreuses pustules et les poils semblent danser la gigue. D'expérience, cela durera plusieurs heures.

J’atteins ma destination du jour après de nombreux efforts et plus de deux fois le temps qu' il m’aurait fallu normalement.

La pluie en a eu assez de m'attendre à faire le guignol. Elle accompagne les deux derniers kilomètres.

Me voila à l'hôtel. Reprise du rituel de nettoyage. Lorsque j’arrive aux dents, je me trompe de tube et les brosse avec la pommade pour les pieds.

En lisant la composition de la pommade dont l’urée fait partie, je me suis demandé s’il était  bien judicieux de me charger de ce poids-là et s’il n’était pas plus simple de me pisser sur les pieds au lieu de me brosser les dents avec l’urine de je ne sais qui.